Accéder au contenu principal
Venezuela / Afrique

Hugo Chavez et ses liens avec l’Afrique

Mouammar Kadhafi et Hugo Chavez, sur l'île de Margarita, en septembre 2008.
Mouammar Kadhafi et Hugo Chavez, sur l'île de Margarita, en septembre 2008. AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le président vénézuélien Hugo Chavez est décédé, ce mercredi 6 mars, des suites d’un cancer. Il s’est éteint à l’âge de 58 ans, après quatorze années de pouvoir. Le pays a décrété sept jours de deuil. Bien qu’il ne se soit pas rendu dans de nombreux pays d’Afrique - il est allé en Afrique du Sud et au Nigeria, notamment - les liens d’Hugo Chavez avec l’Afrique étaient marqués par une très forte proximité politique. C’est ce que nous explique, Paul-Simon Handy, directeur de recherche à l’Institut d’études de sécurité de Pretoria, invité Afrique de RFI, ce mercredi 6 mars, et interviewé par Romain Auzouy.

Publicité

RFI : Tout récemment, en février 2013, lors d’un sommet Afrique-Amérique latine et Caraïbes, en Guinée équatoriale, Hugo Chavez avait écrit un discours émouvant sur la relation entre les deux continents. Dans cette lettre, il affirmait que l’Afrique et l’Amérique du Sud étaient un même peuple. Est-ce que c’est le témoignage le plus fort des amitiés d’Hugo Chavez en Afrique ?

Paul-Simon Handy : Dans la rhétorique de Chavez, c’est certainement en droite ligne de cette narration là. Les liens de Chavez avec l’Afrique sont essentiellement politiques ; des liens idéologico-politiques. Oui, c’est un témoignage très fort. Sachant certainement qu’il n’allait pas échapper à son cancer, Chavez a envoyé cette lettre, même s’il l’a fait après avoir été lui-même hôte d’un sommet Afrique-Amérique latine.

En fait, Hugo Chavez n’a jamais manqué une occasion de marquer un symbole de son attachement à l’Afrique, même si économiquement l’Afrique n’était pas le plus grand partenaire du Venezuela.

Dans ce contexte, quel écho la mort de Chavez a-t-elle créé en Afrique ?

Hugo Chavez est très populaire dans le continent. Pour ceux qui le connaissent, il est certainement l’un des derniers révolutionnaires qui, grâce à un discours anti-colonial, anti-impérialiste et aussi anti-occidental, rallie des foules et touche un certain subconscient qui, en Afrique, résonne toujours énormément.

En Afrique, ses amis étaient des personnages mais aussi des personnalités assez contestées comme l’ancien président libyen, le colonel Mouammar Kadhafi. Vous savez, Kadhafi a beau avoir mauvaise presse en Occident, pour certains, en Afrique, il reste un héros, pour des raisons similaires qui rendent Chavez également populaire dans son pays. Ainsi, Hugo Chavez est un personnage populaire mais contesté par une frange de la population ; Kadhafi l’est aussi en Afrique.

Par ailleurs, des personnages pas du tout contestés en Afrique comme l’ex-président sud-africain, Nelson Mandela, avaient aussi un attachement particulier à Hugo Chavez. Vous voyez, Hugo Chavez est un personnage qui se faisait adorer ou détester.

Il était également proche de l’ancien président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, qu’il avait rencontré en 2006 lors d’un sommet de l’Union africaine, en Gambie. Est-ce que c’était uniquement des amitiés entre dirigeants ou est-ce qu’Hugo Chavez se préoccupait réellement du sort des Africains ?

A vrai dire, je ne sais pas si l’Afrique avait forcément besoin d’un Hugo Chavez pour régler ses problèmes. Ce que beaucoup de dirigeants africains appréciaient forcément chez Hugo Chavez, c’était finalement sa capacité à investir - aussi lourdement - dans des programmes sociaux et à utiliser la manne pétrolière pour finalement relever le niveau de vie de la classe pauvre de la société. C’est certainement une leçon que beaucoup de leaders africains ont apprécié chez le président Chavez. Mais ceci dit, économiquement, le Venezuela n’est pas un partenaire essentiel des pays africains parce que le pays exporte du pétrole en Afrique, et ceux qui n’en ont pas ne se ravitaillent pas chez le cousin vénézuélien. Donc les liens étaient plutôt symboliquement marqués par une très, très forte proximité politique.

Hugo Chavez s’était rendu en Afrique du Sud en 2008. A cette occasion, il avait rencontré son homologue de l’époque, Thabo Mbeki. Est-ce qu’Hugo Chavez était clairement un soutien de l’ANC ?

Oui, absolument. Les relations entre Hugo Chavez et l’ANC ont toujours été très fortes et on se rappelle encore récemment, au temps de sa gloire, le jeune trublion de l’ANC, Julius Malema, ancien chef de la Ligue de la jeunesse de l’ANC, qui s’était rendu, en voyage d’études il y a près de deux ans au Venezuela.

Hugo Chavez était très populaire au sein de l’ANC en raison justement de son discours très anti-colonialiste et très anti-impérialiste, soucieux d’apporter certaines régulations des relations internationales basées sur les normes d’égalité et de démocratie. C’est un discours qui résonne très fortement au sein de l’ANC, encore aujourd’hui. D’où cette vraie proximité qui était née entre plusieurs dirigeants de l’ANC et Hugo Chavez. 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.