Mali / France

A Gao, Jean-Yves Le Drian vante le «courage» des militaires français engagés au Mali

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s'est adressé aux soldats français dans un campement de l'armée de l'Air à Gao, le 7 mars 2013.
Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s'est adressé aux soldats français dans un campement de l'armée de l'Air à Gao, le 7 mars 2013. REUTERS/Joe Penney
Texte par : RFI Suivre
13 mn

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s’est rendu, ce jeudi 7 mars en début d’après-midi, à Gao, dans le nord du Mali, où sont installées des troupes françaises qui combattent des jihadistes armés liés au groupe terroriste al-Qaïda. Le ministre de la Défense s’était auparavant rendu dans le massif des Ifoghas, situé plus au nord, où il a rencontré et salué les soldats français et tchadiens qui y mènent des combats très durs contre les jihadistes qui y sont retranchés.

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« Mon premier sentiment est la fierté », a déclaré le ministre français de la Défense, à son arrivée à Gao, devant environ 250 soldats. Le ministre a ensuite loué « la qualité professionnelle, le courage, le sang froid, et le don de soi » des militaires français engagés au Mali « jusqu’au don de votre vie », a ajouté Jean-Yves Le Drian.

Je suis venu, ici au Mali, pour féliciter nos Forces (…) et les soutenir dans cette dernière opération qui est la plus difficile.

Jean-Yves Le Drian

C’était aussi l’occasion pour Jean-Yves Le Drian de saluer la mémoire des quatre soldats français morts au front depuis le début de l’intervention militaire au Mali, le 11 janvier. C’est précisément dans la région de Gao que le quatrième soldat français est mort, le mercredi 6 mars.

Jean-Yves Le Drian a également tenu à rappeler à ces soldats français éprouvés, leur présence au Mali. « Libérer un pays ami et assurer notre propre sécurité, sont deux missions qui vont de pair », a-t-il affirmé. Le ministre français de la Défense a par ailleurs assuré, à ces mêmes soldats, que lui ainsi que le président de la République, François Hollande, suivaient de près leurs actions.

N'oublions pas que si les Français n'étaient pas intervenus militairement, nous aurions aujourd'hui des terroristes islamistes à Bamako.

Mark Simmonds

Dans le massif des Ifoghas et plus précisément à Tessalit où il s’est rendu au petit matin de ce jeudi 7 mars, Jean-Yves Le Drian a rencontré et salué l’armée française qui poursuivait, ce jeudi, le ratissage de la vallée d’Ametettai, considérée comme le sanctuaire d’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Par ailleurs, d’autres vallées de l’Adrar des Ifoghas sont également fouillées par les forces françaises et tchadiennes.

Jean-Yves Le Drian accueilli à Gao par le chef d’état-major des armées maliennes

Ibrahim Dembélé, chef d’état-major des armées du Mali est actuellement à Gao où il a accueilli le ministre français de la Défense. Interviewé par RFI, il a répondu à l’annonce faite le mercredi 6 mars par les autorités françaises d’une diminution progressive, à partir du mois d’avril, du nombre de soldats français déployés dans le nord du Mali.

Le président français, François Hollande, avait notamment précisé que la « phase ultime » de l’intervention militaire française au Mali allait « durer encore tout le mois de mars » et « à partir du mois d’avril, il y aura une diminution du nombre de soldats français au Mali dès lors que les forces africaines seront en relais, appuyées par des Européens » avait ajouté le chef de l’Etat français.

Pour le général Dembélé, cela est faisable si la situation sur le terrain ne se dégrade pas.

On ne le souhaite pas mais si la situation se dégrade, le retrait risquera de tarder.

Ibrahim Dembélé

Jean-Yves Le Drian a quitté Gao pour se rendre dans la capitale malienne où il va rester jusqu’à demain soir. A Bamako, il doit rencontrer le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, et son premier ministre, Diango Cissoko.

Intense activité diplomatique autour du dossier malien

De nombreux chefs d'Etats de la région saharo-sahélienne - notamment ceux dont les armées sont impliquées dans l'intervention militaire au nord du Mali - se rencontrent. La France a annoncé que ses soldats commenceraient leur retrait en avril prochain. La relève de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) est loin d'être prête et c'est sans doute ce qui explique tous ces rendez-vous entre présidents.

Le premier à avoir jeté un pavé dans la mare, c'est Idriss Deby. Le président tchadien - dont les troupes sont en première ligne pour combattre les jihadistes au Mali - a affiché, la semaine dernière, son impatience de voir les troupes de la Cédéao et l'armée malienne se déployer dans le nord du Mali. Pierre Buyoya - le nouveau représentant de l'Union africaine pour le Mali et chef de la Misma - doit rejoindre Ndjamena, ce soir, pour, sans doute, rassurer les Tchadiens qui payent un lourd tribut humain dans les combats au Mali. De son côté, le président malien, Dioncounda Traoré, doit s'envoler pour Nouackchott. Le chef de l’Etat mauritanien - manifestement convaincu, dimanche dernier, par le président nigérien, Mahamadou Issoufou - accepterait d'envoyer des troupes au Mali mais à condition que la Misma passe sous la bannière des Nations unies - la Mauritanie n'étant pas membre de la Cédéao. Idriss Deby s'apprêterait, lui aussi, à rendre visite au président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz pour l'inciter à s'impliquer, sans attendre le mandat onusien. C’est précisément ce qu’a fait le Tchad qui n’appartient pas à la Cédéao.
Toutes ces rencontres permettent aussi de discuter de la coopération régionale, en matière de sécurité, pour lutter contre le terrorisme résiduel, une fois l’armée française partie. Les Etats impliqués militairement au nord du Mali doivent aussi garantir leurs frontières pour éviter d'éventuelles opérations de représailles des jihadistes qui auront échappé à la traque.

 

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