Centrafrique

Centrafrique : inquiétude à Bangui à l'approche des rebelles de la Seleka

Le chef d’état-major de la Seleka, le général Issa Issaka (d) et le chef des opérations le général Arda Hakouma à Famara, le 18 janvier 2013.
Le chef d’état-major de la Seleka, le général Issa Issaka (d) et le chef des opérations le général Arda Hakouma à Famara, le 18 janvier 2013. AFP / Fort

Les rebelles de la Seleka ont effectué une percée le 22 mars en direction de Bangui et affirment désormais se trouver à 55 km de la capitale. Dans la matinée de vendredi, des combattants partis de Sibut sont entrés dans Damara, dernier verrou avant la capitale. Des combats se sont déroulés tout l'après-midi, la Seleka assure contrôler la ville. Des informations contradictoires ont circulé sur la progression des rebelles au terme de la journée de vendredi. Le gouvernement centrafricain appelle au calme, mais la population à Bangui est néanmoins prise de panique.

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Quelle distance sépare ce matin les rebelles de la Seleka de la capitale centrafricaine ? Quelques kilomètres, comme le pense le Quai d'Orsay, qui a publié hier soir une déclaration appelant toutes les parties à faire preuve de retenue ? Quelques dizaines de kilomètres, comme le confiait hier soir le porte-parole de la Seleka à RFI ?

De fait, après avoir, dans un premier temps, expliqué à l'Agence France Presse (AFP) que la rébellion avait largement dépassé Damara, à 75 km de Bangui, et se trouvait toute proche de la capitale, le porte-parole de la Seleka sur RFI en fin de soirée, vendredi 22 mars, affirmait que ses troupes se trouvaient toujours à Damara.

Des combattants rebelles y sont entrés après avoir franchi un barrage des forces des pays d'Afrique centrale, mais ils se sont heurtés ensuite aux Forces armées centrafricaines.

Des tirs à l'arme lourde ont retenti jusqu'à la tombée de la

Un habitant de Bangui

nuit selon un témoin réfugié en brousse. Et la rumeur de ces combats a déclenché la panique à Bangui. Les habitants imaginaient déjà l’entrée des rebelles dans la capitale.

Les sentiments étaient partagés, mais tous demandent un retour au dialogue, car les violences de l’arrivée au pouvoir du président Bozizé en 2003 restent toujours gravées dans les mémoires.

De leur côté, les autorités démentent la prise de Damara, et minimisent l'avancée des rebelles. Gaston Mackou-Zangba, porte-parole du président Bozizé, qui a fait un aller-retour rapide en Afrique du Sud, le confirme.

L'offensive a été repoussée.Et nous appelons les habitants de Bangui au calme, et à ne pas céder à la panique.

Gaston Mackou-Zangba

Pour sa part, le général Léonard Essongo, parole-parole du médiateur de la crise centrafricaine, le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, exige le respect des accords signés à Libreville entre les deux parties, le pouvoir à Kinshasa et la Seleka.

Il faut respecter les accords de Libreville.

Le général Noël-Léonard Essongo

Un point de vue que partage le président du Tchad Idriss Déby.

On demande le respect des accords de Libreville.

Idriss Deby

Le Tchad voisin appelle lui aussi le président centrafricain à discuter avec les rebelles de la Seleka. Mais le pays, qui participe à la force déployée par les Etats d'Afrique centrale, ne compte pas intervenir directement sur le terrain. Le président Déby est formel.

Il n'y aura pas d'intervention tchadienne en RCA.

Idriss Déby

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