Guinée

Guinée: après l'annulation de la marche de l'opposition, l'amorce d'un retour au dialogue ?

L’ex-ministre Aboubacar Sylla, porte parole de l’ADP, un collectif de partis d’opposition, a annoncé l'annulation de la marche de l'opposition.
L’ex-ministre Aboubacar Sylla, porte parole de l’ADP, un collectif de partis d’opposition, a annoncé l'annulation de la marche de l'opposition. Photo AFP/ Cellou Binali

L'opposition guinéenne a annulé sa marche de protestation, prévue ce lundi 8 avril, destinée à faire fléchir le gouvernement sur un certain nombre de problèmes sur le processus électoral, notamment l'obtention d'un dialogue direct avec le pouvoir et l'arrêt des activités de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

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La marche pacifique de protestation de l’opposition, qualifiée de «tous les dangers», et destinée à faire fléchir le gouvernement sur l'obtention d'un dialogue direct et l'arrêt de la Céni, a finalement été annulée par les organisateurs. La raison : ils ont obtenu satisfaction sur un certain nombre de revendications. C’est ce qu’a annoncé Aboubacar Sylla, le porte-parole de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP), un collectif de partis de l'opposition.

Nous nous sommes accordés avec le gouvernement pour que le collège des facilitateurs soit composé de trois personnes. Le gouvernement a d'ailleurs adressé un courrier à Monsieur Ban Ki-moon, lui demandant de proposer un facilitateur international pour soutenir ce dialogue politique guinéen

« Les raisons pour lesquelles nous avions envisagé cette marche et cette journée "ville morte’" (prévues les 8 et 9 avril NDLR) n’existent plus. Nous avions décidé cette manifestation, simplement parce que le gouvernement avait rejeté tous les préalables que nous avions mis à l’ouverture d’un dialogue serein ».

Ouverture d’un dialogue serein

Les conditions sont désormais préalablement réunies, surtout avec la recomposition de la délégation gouvernementale en charge de ce dialogue, mettant hors jeu les faucons (les partisans les plus radicaux d'Alpha Condé) et respectant surtout l’appel de Conakry à l’ONU, pour la désignation d’un facilitateur international.

« Nous nous sommes accordés avec le gouvernement pour que le collège des facilitateurs soit composé de trois personnes. Le gouvernement a adressé un courrier à Monsieur Ban Ki-moon, lui demandant de proposer un facilitateur international pour soutenir ce dialogue politique guinéen », explique Aboubacar Sylla.

Le gouvernement, lui, contrairement aux affirmations de la rue, refuse le terme de capitulation : « ce que le gouvernement fait n'a rien à voir avec une menace de marche, c’est tout simplement parce que nous voulons donner une chance au dialogue de se poursuivre dans la sérénité », indique Albert Damantang Camara, ministre et porte-parole du gouvernement.

Il conclut : « nous espérons, comme cela s’est fait pour la désignation du pape, que très vite une fumée blanche va sortir de la Primature (le siège du gouvernement guinéen, ndlr) et que tout le monde sera content ».

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