GABON

Une marche contre les crimes rituels interdite au Gabon

Un gendarme gabonais parcourt le rivage à la recherche d'éventuels corps.
Un gendarme gabonais parcourt le rivage à la recherche d'éventuels corps. AFP PHOTO/XAVIER BOURGOIS
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Au Gabon, le ministère de l’Intérieur a interdit une marche pacifique contre les crimes rituels. Le phénomène fait des nombreuses victimes dans le pays. La nouvelle a été accueillie dans la désolation par les organisateurs de la marche, l'Association de lutte contre les crimes rituels.

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« Je suis tellement mécontant. Il y a certaines femmes qui pleuraient même.» Elvis Ebang a retrouvé en 2005 la dépouille de son fils sur la plage de Libreville la langue et le sexe arrachés. Une année plus tard, il a décidé de créer l’Association de lutte contre les crimes rituels.

C’est son association qui comptait organiser la marche annulée. « On devait marcher en route vers la présidence pour aller remettre un mémorandum au chef de l'Etat.» Elvis Ebang estime que 2013 pourrait être l’année record des crimes rituels. En 4 mois seulement, il a dénombré 19 cas. L'objectif de la marche était de dénoncer cette montée en puissance.

Dans une conférence de presse, le Premier ministre Raymond Ndong Sima a dit ne pas connaitre les raisons pour lesquelles son ministre a interdit la marche. Mais pour lui, les ONG exagèrent en assimilant tous les cas d’assassinats crapuleux à des crimes rituels : « Si on veut faire une marche contre l'accroissement des crimes de sang, je suis tout à fait d'accord. Si on parle de crimes rituels, on prend un qualificatif tendancieux ».

Pour se consoler, les ONG appellent à un deuil national d’une semaine. Elles organisent ce samedi 13 avril au célèbre carrefour rio, une cérémonie de remise de brassards noirs à tous les gabonais qui le désir.

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