Guinée-Bissau

En Guinée-Bissau, la classe politique tremble pour son avenir

Le centre-ville de Bissau. Tout le système politico-militaire tremble depuis l'arrestation de l'amiral Bubo Na tchuto.
Le centre-ville de Bissau. Tout le système politico-militaire tremble depuis l'arrestation de l'amiral Bubo Na tchuto. Photo: Nammarci; source: Wikipédia
Texte par : RFI Suivre
3 mn

A Bissau, l'ambiance est extrêmement tendue après l'inculpation, jeudi 18 avril, par la justice américaine d'Antonio Indjai, le chef d'état-major des armées. Il est accusé de complot narco-terroriste avec les forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). La Guinée-Bissau, considérée comme un narco-Etat, est déstabilisée par les accusations américaines, et c'est toute la classe politique qui tremble.

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Depuis l'arrestation de l'amiral Bubo Na tchuto, Antonio Indjai ne se déplaçait plus à Bissau sans une armada de véhicules équipés de mitrailleuses. Désormais, des missiles sol-air ont fait leur apparition dans les convois du chef d'état-major. Reste à savoir si ces armes suffiront à empêcher le séisme politique déclenché depuis quinze jours par la justice américaine.

En effet, c'est quasiment tout le système politico-militaire qui tremble actuellement. Depuis dix ans, la Guinée Bissau est un narco-Etat et il semble bien que toutes les composantes politiques du pays soient impliquées à divers degrés. Le procureur de Bissau, Abdu Mané enquête actuellement sur la vente, en 2006, par le Premier ministre de l'époque, Aristide Gomes de 670 kg de cocaïne saisis par la police.

L'effondrement du système politique ?

L'argument est utilisé par les adversaires d'Aristide Gomes dans la bataille qui se joue pour le controle du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC). Pratiquement tous les candidats à la présidence du parti s'accusent de narco-trafic. L'ancien premier ministre Carlos Gomes, évincé en 2012, n'est pas épargné. Il fait lui aussi l'objet d'une enquête de la justice bissau-guinéenne. Il est de plus soupçonné du meurtre de deux opposants en 2009 et de détournements de fonds publics.

Du coté du PRS, l'autre grand parti bissau-guinéen, il y a là aussi des soupçons, notamment sur certains alliés de son leader, Koumba Yalla. Le système politique local menace donc de s'effondrer. Et plus que jamais, la communauté internationale, qui encadre actuellement le processus de transition a le devoir de proposer des solutions à cette situation étouffante.


Lire également sur le blog de Christophe Champin :
Le chef d’état-major des armées de Guinée-Bissau, Antonio Indjai, inculpé par un juge américain (18 avril 2013)

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