Libye / France

L’attentat contre l’ambassade de France à Tripoli toujours pas revendiqué

Après l’attaque de l’ambassade de France à Tripoli en Libye, le 23 avril 2013.
Après l’attaque de l’ambassade de France à Tripoli en Libye, le 23 avril 2013. Reuters/Ismail Zitouny
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La situation est floue à Tripoli au lendemain de l'attentat contre l'ambassade de France, dans laquelle deux gendarmes français ont été blessés. Le quartier est placé sous surveillance, les enquêteurs français et libyens ont entamé les premières investigations, mais aucune indication ne permet de dire actuellement qui est à l'origine cet attentat.

Publicité

Pas de revendications. Pas de commentaires sur les sites jihadistes. Pas d'indications des enquêteurs pour le moment. La situation est la même qu'après l'attaque contre le consulat américain de Benghazi en septembre dernier. A l'époque, le mouvement local Ansar al-Charia, soupçonné par les forces de sécurité, avait même démenti être à l'origine de cette opération.

Un groupe local à l'origine de l'opération ?

Néanmoins, les autorités libyennes estiment que leurs combattants les plus radicaux sont capables de mener le jihad, de frapper des intérêts étrangers n'importe où, n'importe quand. Othman Bensassi, conseillé du Premier ministre, n'exclut pas la possibilité d'une opération menée par un groupe local : « Les groupes armés, extrémistes, existent. Ils ont des contacts un peu partout dans le monde. S’ils commencent à agir de cette façon, il va falloir réagir très rapidement. Ca va poser des problèmes graves pour l'avenir de la Libye ».

Actuellement, le groupe Ansar al-Charia cherche à devenir une vitrine institutionnelle du jihadisme. Ses leaders n'auraient donc aucune raison et aucun intérêt à revendiquer une telle attaque. Ils ne veulent surtout pas se mettre à dos la population locale. D'ailleurs aucun civil n'a été tué mardi. Il semble également évident que les liens historiques avec Aqmi sont en train de se retisser depuis le début de l'intervention française au Mali et la fuite d'éléments du groupe terroriste vers le sud libyen.

Le sud de la Libye, endroit rêvé pour les jihadistes

C'est l'analyse faite par Louis Caprioli, ancien numéro deux de la DST : « La plus grande partie qui a pu échapper aux frappes françaises et aux interventions au sol est passée par le Niger pour entrer dans le sud de la Libye. Là, les combattants vont avoir une logistique qui leur est apportée par leurs frères libyens, puis un armement, une logistique en munitions. C’est donc l'endroit rêvé, compte tenu de l'instabilité de la Libye et de l'absence d'un pouvoir central fort, une armée, une police, des services de sécurité ».

Frappés dans leur fief du nord du Mali, les éléments d'Aqmi pourraient décider d'installer leur nouveau sanctuaire dans cette région du sud libyen. L'attentat serait un signe qu'ils sont soutenus par les jihadistes locaux. Une situation qui serait catastrophique pour la Libye, mais également pour les pays frontaliers.

Sécuriser l'ambassade

Des éléments du GIGN sont arrivés cette nuit à Tripoli en provenance de Paris. Cette unité d'élite de la gendarmerie a une mission : sécuriser l'ambassade. L'attaque de mardi soulève un vrai problème de sécurisation de la représentation diplomatique. Le personnel de l'ambassade se pose la question de savoir si la France n'a pas été trop confiante.

L’ambassade avait déménagé dans ces locaux en septembre. Le bâtiment se trouve au croisement de deux rues assez étroites dans le quartier résidentiel d’El Andalus. Les murs sont en briques, et non en béton armé, ce qui aurait évité le drame de mardi. Plusieurs diplomates français s’inquiétaient depuis longtemps de la manière dont la sécurité était appliquée. Certains se disent scandalisés par ce qui s’est passé.

Sur RFI, écoutez l'Invité du Matin: Rami El Obeidi, homme politique libyen, ancien dirigeant du service de renseignement extérieur du CNT

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail