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Libye

Libye: des groupes armés font pression pour chasser les responsables liés au régime Kadhafi

Devant le ministère des Affaires étrangères, à Tripoli, dimanche 28 avril 2013.
Devant le ministère des Affaires étrangères, à Tripoli, dimanche 28 avril 2013. AFP/MAHMUD TURKIA
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les hommes armés qui ont cerné, dimanche 28 avril, plusieurs bâtiments ministériels à Tripoli, encerclent toujours le ministère des Affaires étrangères. Ils réclament l’adoption d’une loi, actuellement en discussion au Parlement, interdisant aux responsables ayant servi sous l’ancien régime d’assumer des fonctions au sein de l’appareil d’Etat.

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Ils sont encore présents devant le bâtiment du ministère des Affaires étrangères, ce lundi 29 avril. Une trentaine d’hommes et une dizaine de pick-up montés de canons antiaériens empêchent toujours l’accès au bâtiment, situé en plein centre de Tripoli, sur la corniche face au port. Depuis dimanche, les employés n’ont pas pu se rendre au ministère.

Ces hommes armés, qui disent s’être rassemblés spontanément dimanche, bloquent désormais la circulation tout autour du ministère. Ils viennent de Misrata, de Tajoura et de Tripoli. Le ministre de la Justice a condamné le siège du ministère et de « tous les ministères en général », ce lundi 29 avril dans l’après-midi.

Prêts à rester mobilisés « plusieurs mois »

Présents depuis dimanche, ces hommes ne sont pas prêts à s’en aller. L’un d’eux a déclaré ce lundi matin à RFI qu’ils resteraient « jusqu’à ce que la loi soit adoptée, et appliquée ». Ils sont prêts à attendre « quelques jours, voir plusieurs mois. »

Si la loi n’est pas adoptée rapidement, la situation risque d’empirer. « Nous sommes prêts à assièger d’autres ministères », a ainsi prévenu l’un d’entre eux.

Le Premier ministre et le président du Congrès sont directement visés

Ce que ces hommes réclament, c’est l’application de la loi d’exclusion politique. Ils demandent son adoption et son application « le plus rapidement possible ». Ils demandent également le départ de l’actuel MAE, ainsi que le remplacement de nombreux ambassadeurs.

Ce projet de loi vise en fait à exclure de la vie politique tous ceux qui ont travaillé pour l’ancien régime. Mais si cette loi, en cours d’examen au Parlement, était appliquée en l’état, bien des personnalités libyennes pourraient être concernées. Le Premier ministre Ali Zeidan, ou encore le président du Congrès, Mohamed al-Megaryef, seraient obligés de quitter leurs postes.

Le danger d'une chasse aux sorcières

Certaines organisations de défense des droits de l’homme qualifient de « dangereux » ce projet de loi. Celles-ci craignent en effet qu’il ne débouche sur une véritable chasse aux sorcières.

Pourtant, cette loi a le soutien d’une partie de la population et d’une partie de la classe politique, notamment du parti al-Watan, lié aux Frères musulmans. Dans les rues de Triopoli, il n’est d’ailleurs pas rare de voir des graffitis en faveur de cette loi.

Depuis plusieurs mois, la tension monte vraiment autour de cette loi d’exclusion politique. Les députés ont été menacés au Congrès et le bureau du Premier ministre avait également été attaqué.

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