Rwanda/RDC

Grands Lacs: pour l'envoyée spéciale des Nations unies, la solution régionale n'est pas seulement militaire

Mary Robinson, l'envoyée spéciale des Nations unies pour la région des Grands lacs, rencontre les victimes de crimes sexuels dans un hopital en RDC.
Mary Robinson, l'envoyée spéciale des Nations unies pour la région des Grands lacs, rencontre les victimes de crimes sexuels dans un hopital en RDC. UN Photo/Sylvain Liechti

L’envoyée spéciale des Nations unies pour la région des Grands Lacs, Mary Robinson, a estimé que la solution au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo ne devait pas seulement être militaire, mais surtout politique, lors d’un point presse mercredi 1er mai à Kigali.

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Après deux jours passés en République démocratique du Congo, Mary Robinson est arrivée à Kigali mardi soir, le 30 avril. Elle effectuait une visite de vingt-quatre heures dans le cadre d’une tournée régionale consacrée à l’application de l’accord destiné à pacifier l’est de la RDC, signé le 24 février dernier à Addis-Abeba par onze chefs d’Etats africains, dont le Rwanda. Parmi les sujets abordés avec la ministre des Affaires étrangères rwandaise Louise Mushikiwabo, celle de la brigade d’intervention censée pacifier la région.

Ce sont 3 069 hommes venant d’Afrique du Sud, de Tanzanie et du Malawi qui doivent bientôt être déployés dans l’est de la RDC sous l’égide des Nations unies. Cette brigade d’intervention avec son mandat offensif aura pour mission de lutter contre les groupes armés qui déstabilisent la région, dont le Mouvement du 23 mars (M23).

Interrogée à ce sujet, l’envoyée spéciale pour l’ONU pour la région, Mary Robinson, a estimé que la brigade n’était pas une fin en soi : « Je vois la brigade d’intervention comme un moyen de renforcer les capacités mais en aucun cas une solution globale. En effet et heureusement, la solution globale ne sera pas et ne peut pas être militaire. Elle doit être politique. »

L’ex-présidente irlandaise a également appelé tous les pays signataires à respecter les dispositions de cet accord parmi lesquelles l’engagement à ne pas aider ni soutenir de mouvements rebelles dans l’est congolais.

Le Rwanda a été accusé par un rapport d’experts des Nations unies de soutenir la rébellion du M23, ce que Kigali dément. A l’issue de cette entrevue, la ministre des Affaires étrangères rwandaise, Louise Mushikiwabo, a également souligné les limites de cette initiative : « Ce que nous pensons est que cette brigade d’intervention n’est pas une solution miracle. Mais nous pensons que c’est un bon moyen de dissuasion, ce qui est une partie de la solution globale qui est principalement politique. Mais la force a un rôle à jouer et c’est pour cela que le Rwanda l’a soutenue. »

Mary Robinson doit se rendre ce jeudi en Ouganda et au Burundi.

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