Kenya / Royaume-Uni

Uhuru Kenyatta reçu à Londres malgré son inculpation par la Cour pénale internationale

REUTERS/Thomas Mukoya

Le nouveau président kényan, Uhuru Kenyatta, inculpé par la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité, est arrivé dimanche 5 mai à Londres. Une visite officielle de trois jours, au cours de laquelle il doit participer à la conférence sur la Somalie, qui marque un changement d’attitude du gouvernement britannique vis-à-vis du dirigeant kényan.

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Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

C’est le premier déplacement d’Uhuru Kenyatta hors d’Afrique depuis son élection et sa présence ne passe pas inaperçue. La presse britannique évoque cette « invitation surprenante », alors que Londres avait, dans un premier temps, adopté la politique suivie par les autres pays de l’Union européenne : n’entretenir que des contacts indispensables avec toute personne inculpée par la Cour pénale internationale.

L'enjeu de la Somalie

Mais le gouvernement britannique a clairement changé d’avis, puisque le président kényan doit non seulement participer à la conférence sur la Somalie, mais aussi avoir des entretiens bilatéraux avec le Premier ministre, David Cameron.

Face à l’étonnement des journalistes, le ministère des Affaires étrangères britannique a précisé qu’Uhuru Kenyatta était invité, car « le Kenya joue un rôle vital en Somalie, où il a engagé quelque 5 000 soldats, et qu’il accueille plus de réfugiés somaliens que n'importe quelle autre nation ».

Un changement d'attitude de Londres

Le communiqué ajoute néanmoins qu’« il est important, comme s’y est engagé le président, que le Kenya remplisse ses obligations vis-à-vis de la Cour de La Haye ».

Le ministère britannique des Affaires étrangères conclut par ailleurs que « le président Kenyatta doit être considéré comme innocent, jusqu’à preuve du contraire ». Un argument qui contredit quelque peu l’attitude adoptée précédemment par Londres et qui ne manquera pas de valoir quelques questions à David Cameron cette semaine.

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