RDC

RDC: la rébellion du M23 a un an

Des rebelles du M23 le 30 novembre 2012.
Des rebelles du M23 le 30 novembre 2012. REUTERS/James Akena

Il y a un an naissait une nouvelle rébellion dans l'est de la République démocratique du Congo. Le M23 ou Mouvement du 23 mars, en référence à un accord signé le 23 mars 2009 entre le gouvernement et l'ancêtre du M23, le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple). Officiellement, c'est pour protester contre la non-application de l'accord par Kinshasa que cette rébellion a vu le jour.

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Avant même le M23, il y a la désertion de Bosco Ntaganda. Le général congolais et ancien chef du CNDP craignait peut-être d'être arrêté et transféré à la Cour pénale internationale. Il décide en tout cas de prendre le maquis avec ses fidèles. Il est petit à petit rejoint par les mécontents de l'accord du 23 mars : des militaires qui se plaignent de ne pas percevoir leurs salaires, leurs équipements, d'être abandonnés par Kinshasa. Recherché par la CPI, Bosco Ntaganda n'est pas la figure la plus présentable pour amorcer une négociation. C'est alors que naît le M23, une nouvelle rébellion avec un chef moins exposé médiatiquement, Sultani Makenga.

Le gouvernement congolais n'est pas prêt à négocier, il entrevoit la possibilité de mettre fin au système CNDP au Nord-Kivu et attaque la nouvelle rébellion. Il faut dire qu'au départ, le M23 n'a que peu de moyens et d'hommes. Entre ce moment et la prise de Goma le 20 novembre 2012, que s'est-il passé?

D'après le groupe d'experts de l'ONU, le Rwanda et l'Ouganda auraient apporté leur soutien au M23, ce que les deux pays démentent. La prise de Goma est une gifle pour Kinshasa et le pas de trop. La communauté internationale exige le retrait des rebelles de Goma et fait pression sur Kigali.

En décembre, des négociations avec Kinshasa finissent par s'ouvrir à Kampala. Elles piétinent depuis. Le M23 en a profité pour régler ses comptes en interne et Bosco Ntaganda a dû se rendre à la CPI. Un an plus tard, le mouvement règne sur le territoire de Rutshuru en attendant une solution politique ou d'en être délogé par la nouvelle brigade d'interposition de l'ONU.

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