SOMALIE

Somalie : l’Amisom a perdu 3000 soldats en six ans

Des soldats de l’Amisom et des forces somaliennes pendant une opération contre les shebab à Dayniile, le 22 mai 2012.
Des soldats de l’Amisom et des forces somaliennes pendant une opération contre les shebab à Dayniile, le 22 mai 2012. Reuters/Stuart Price/African Union-UN Information Support Team
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Environ 3 000 soldats de la force de maintien de la paix de l’Union africaine en Somalie (Amisom) ont été tués depuis le déploiement de cette mission en 2007. Le bilan a été annoncé, jeudi 9 mai, par le secrétaire général adjoint de l’ONU, Jan Eliasson, qui a rendu hommage « aux pays et à leurs soldats qui ont payé un énorme tribut ». L’Ouganda et le Burundi sont les deux pays qui ont subi les plus lourdes pertes dans cette guerre contre les shebab.

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« L’Amisom joue un rôle très important en Somalie. Les soldats africains jouent un rôle crucial et je tiens à rendre hommage aux pays et à leurs soldats qui ont payé un énorme tribut », a déclaré le secrétaire général adjoint de l’ONU, Jan Eliasson, avant d’ajouter : « L’Ouganda et le Burundi ont payé un prix énorme. Il faut leur rendre hommage ainsi qu’aux troupes du Kenya qui jouent un grand rôle dans l’Amisom ».

Un incroyable bilan

Ce bilan de 3 000 morts est un chiffre équivalent au nombre de casques bleus qui ont péri lors de différentes opérations depuis 1948. Le chiffre est énorme et surprend. Il illustre également la dureté des combats contre les insurgés shebab.

L’Amisom, qui comprend aujourd’hui plus de 17 000 soldats issus de 5 pays, dont le Kenya, Djibouti et Sierra Leone, n’a rien de comparable avec les quelques milliers d’Ougandais et Burundais qui restaient cantonnés à quelques points stratégiques de la capitale, le port, l’aéroport et la Villa Somalia pendant les trois premières années de son déploiement.

L’offensive coordonnée avec plusieurs milices alliées somaliennes dans le sud et l’ouest du pays, en février 2011, a marqué le début de la lutte active contre les shebab qui ont été contraints d’abandonner Mogadiscio le 6 août de la même année. Ce nouveau rapport de forces a alors permis la prise de plusieurs villes dont Afgoye, Merca ou encore Kismayo.

Mais depuis six ans, les troupes africaines ont payé le prix fort. Elles ont été ciblées par de nombreuses attaques terroristes dont la plus spectaculaire s’est produite le 17 septembre 2009 lorsque deux véhicules piégés s’étaient infiltrés au quartier général de l’aéroport, faisant 17 morts parmi les soldats, y compris des officiers de haut rang.

L’offensive sur le quartier de Daynile, en octobre 2011, avait également été particulièrement sanglante pour les soldats burundais dont les photos de cadavres avaient été diffusées par les shebab.

Enfin, l’armée kényane, si elle reste extrêmement secrète sur ses pertes, a subi, selon plusieurs sources, de lourds revers depuis son entrée en Somalie en octobre 2011.

Le culte du silence

La plupart du temps, les pays contributeurs taisent les pertes infligées à leurs contingents respectifs. Un culte du silence que l’Amisom applique également.

Joint par RFI, Ali Aden Houmed, porte-parole de l’Amisom, ne souhaite pas confirmer ce bilan des 3 000 morts. « Je crois que, pour ne pas toucher aux sensibilités des différents pays contributeurs, m'Amisom n’est pas en mesure de déclarer quoi que ce soit dans ce sens là », a-t-il estimé avant d’ajouter que « la responsabilité de dire tout ce qui concerne les pertes subies revient aux différents pays contributeurs de troupes ».

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