Mali

Mali: la ville de Ber pillée par les combattants du Mouvement arabe de l'Azawad

Des soldats burkinabè de la Misma à Tombouctou en avril 2013. Ils s'étaient rendus à Ber, le 6 mai, aux côtés des soldats maliens.
Des soldats burkinabè de la Misma à Tombouctou en avril 2013. Ils s'étaient rendus à Ber, le 6 mai, aux côtés des soldats maliens. REUTERS/Adama Diarra

Au Mali, un nouvel épisode dans la ville de Ber : cette localité, située à 60 kilomètres au nord de Tombouctou, est le théâtre d’affrontements entre les communautés arabes et touarègues depuis plusieurs semaines. Elle a été plusieurs fois investie puis libérée par les combattants arabes du MAA, le Mouvement arabe de l’Azawad. Les soldats burkinabè et maliens s’étaient rendus sur place, les Maliens avaient même procédé à des arrestations parmi la population touarègue de Ber. Ces derniers jours, tout le monde avait quitté la ville mais, ce samedi 11 mai, les combattants arabes y sont retournés pour piller la ville. 

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Les combattants arabes sont arrivés en milieu d’après-midi. Aucun des témoins interrogés dans la ville n’est en mesure de donner leur nombre, mais l’un d’eux parle d’une colonne de sept ou huit véhicules. « Ils tirent en l’air, ils pillent les boutiques et les maisons », dit l’un d’eux. Un autre s’interrompt, inquiété par le bruit des balles. Avant de poursuivre : « Ils cassent tous, ils volent, nous avons besoin d’aide. Ils ont dit aux femmes de rester tranquilles, ils cherchent les hommes. »

Là encore, les témoignages concordent sur le fait qu’aucune violence contre les populations n’a été exercée, mais que les combattants arabes seraient à la recherche d’hommes de la communauté touarègue.

Le chef du Mouvement arabe de l’Azawad, Mohamed el-Maouloud Ramadan, affirme que ces hommes n’agissent plus au nom du MAA. « Nous avons rappelé nos éléments, il s’agit là d’actes isolés, de vengeance. » Et d’expliquer ainsi cette nouvelle incursion : « Ils ont été pillés par le MNLA à In-Khalil, alors ils veulent récupérer leurs affaires. »

Ni l’armée malienne ni l’armée burkinabè, en poste à Tombouctou, n’étaient sur place ce samedi en fin de journée. « Nous sommes au courant, explique laconiquement un responsable militaire, nous sommes là-dessus. »

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