Sénégal

Coalition au Sénégal pour le blogueur Makaïla Nguebla, expulsé vers la Guinée

L'expulsion de Maikala Nguebla a été jugée «abjecte et indigne» par les organisations et réseaux mobilisés en sa faveur. Ils se sont regroupés à Dakar au sein d'un comité appelé Droit d'asile et liberté d'expression (Dale).
L'expulsion de Maikala Nguebla a été jugée «abjecte et indigne» par les organisations et réseaux mobilisés en sa faveur. Ils se sont regroupés à Dakar au sein d'un comité appelé Droit d'asile et liberté d'expression (Dale). ©Carine Frenck/RFI

Au Sénégal, la mobilisation en faveur de Makaïla Nguebla ne faiblit pas. Bien au contraire. Makaïla Nguebla est ce journaliste-blogueur tchadien qui avait trouvé refuge au Sénégal depuis 2005 et qui a été expulsé le 7 mai dernier vers la Guinée. Les défenseurs des droits de l’homme, les défenseurs des droits de la presse et des associations citoyennes ont créé jeudi 16 mai une nouvelle coalition et réclament le retour au Sénégal de Makaïla Nguebla.

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Tous sont unis pour le retour du blogueur : Amnesty International, la Raddho, la Ligue des droits de l’homme, la fédération internationale des journalistes, RSF, le Réseau des Blogueurs, le Congad. Ensemble, ils ont créé le Dale, la coalition Droit d’Asile et liberté d’expression.

Porte-parole du Synpics, le Syndicat des professionnels de l'information, Aly Fall ne décolère pas après l’extradition du blogueur tchadien : « Le Sénégal est descendu bien bas ! Parce qu’on n’a pas, nous, cette tradition d’extrader les gens comme ça ! Pour qui on le fait ? A la demande d'Idriss Déby. Ça nous pose problème ! »

Mamadou Mignane Diouf, coordinateur du Forum social sénégalais, surenchérit : « Nous demandons son retour au Sénégal, parce que son expulsion est illégale. Quand quelqu’un est rentré d’une façon légale dans un pays, on ne peut pas l’expulser manu militari. Donc, ça a été fait d’une façon tout à fait arbitraire et illégale ! C’est ça qui nous choque ! On ne peut pas, pendant une année, se mobiliser pour arrêter des dérives monarchiques d'un régime wadien, et un an après, vouloir tomber vers un régime qui bâillonne le droit d’asile. »

La coalition a d'ores et déjà demandé une audience avec le chef de l’Etat et les ministres concernés.

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