Algérie

Algérie: censure et rumeurs sur l'état de santé du président Bouteflika

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, en décembre 2012.
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, en décembre 2012. AFP PHOTO Pool Denis Allard

En Algérie, la censure de deux journaux devant paraître dimanche 19 mai alimente un peu plus les interrogations au sujet de la santé du chef de l'Etat. Les quotidiens Mon journal en français et Djaridati en arabe n'ont pas eu le droit de publier un dossier spécial sur Abdelaziz Bouteflika, un dossier selon lequel le président serait dans un profond coma qui pourrait durer des semaines. La censure fait un peu plus planer le doute dans un contexte où la communication est réduite au minimum depuis l'hospitalisation d'Abdelaziz Bouteflika au Val-de-Grâce le 27 avril dernier, il y a donc près de trois semaines, pour un accident vasculaire cérébral.

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Aucune image d'Abdelaziz Bouteflika n'a été diffusée depuis le 27 avril dernier. Seuls quelques communiqués écrits attribués au chef de l'Etat ont cherché à rassurer, sans forcément y parvenir.

Un premier texte dans lequel le président félicite par avance les vainqueurs de la 49e Coupe nationale de football, puis un autre dans lequel il dit son respect pour la presse algérienne et instaure le 22 octobre, Journée nationale pour la liberté de la presse.

Spéculations

En l'absence de bulletin de santé depuis le 27 avril, la presse algérienne, en est réduite à s'interroger, à spéculer ou à relayer les vagues informations données par les officiels, qui se contentent le plus souvent de dire qu'Abdelaziz Bouteflika va bien.

En fin de semaine dernière le quotidien El Watan avait titré « C'est grave, les fonctions vitales seraient atteintes ». Le soir d'Algérie s'interrogeait lui ce week-end : « A-t-il rechuté ? Quand reviendra-t-il au pays ? »

C'est généralement la visite d'un chef d'Etat étranger qui permet de couper court aux rumeurs et de confirmer le retour du chef de l'Etat en Algérie, via des photos, plusieurs mois parfois après son épisode de maladie. Mais pour l'heure, aucun visiteur de marque n'est venu, et le secret sur l'Etat de santé du président reste bien gardé.

La décision d'interdire la parution de Mon journal n'est qu'une conséquence de la mauvaise gestion de la communication officielle en ce qui concerne la santé du président...

Hichem Aboud

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