Tunisie

Tunisie: Ansar al-Charia soutenu par d’autres mouvances salafistes

Saïf Eddine Erais, l’un des leaders d’Ansar al-Charia, lors d’une conférence de presse à Tunis, le 16 mai.
Saïf Eddine Erais, l’un des leaders d’Ansar al-Charia, lors d’une conférence de presse à Tunis, le 16 mai. REUTERS/Zoubeir Souissi

Des affrontements ont eu lieu dimanche 19 mai entre militants salafistes et forces de l'ordre en Tunisie, en banlieue de Tunis et à Kairouan où le congrès des jihadistes d'Ansar al-Charia avait été interdit par les autorités. Le mouvement a reçu des messages de soutien d'autres mouvances salafistes.

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C'est par son outil de propagande habituel, al-Andalus, qu'al-Qaïda au Maghreb islamique a publié son communiqué de soutien. Il date du 18 mai, à la veille du rassemblement prévu puis annulé à Kairouan.

Dans ce texte, Aqmi appelle les salafistes tunisiens à rester unis, à poursuivre leur action. Mais surtout, après un discours vague contre les croisés et les Américains, l'organisation met en garde Ansar al-Charia : « Ne vous laissez pas provoquer par le régime, dit Aqmi, évitez toute imprudence qui pourrait vous faire perdre votre popularité. Soyez patients et sages. »

Un autre message circule sur internet, cette fois en provenance d'Ansar al-Charia en Libye. Le communiqué, vraisemblablement rédigé avant l'annulation du rassemblement des salafistes, est adressé aux « enfants de Tunisie et de Kairouan ». La mouvance libyenne y félicite ceux qui ont commencé « à installer un califat dans le pays ».

Puis, c'est avec une photo que les Moudjahidines de Cham, les combattants de la Syrie, ont apporté leur soutien aux militants d'Ansar al-Charia en Tunisie. Datée du 18 mai, elle met en scène trois hommes armés et cagoulés, tenant une feuille manuscrite. On peut y lire « Suivez votre chemin, notre cœur est avec vous ».

A l'inverse, le principal parti d'opposition tunisien, Nida Tounes (Appel de la Tunisie), se félicite de la position de fermeté prise par le gouvernement concernant le meeting de Kairouan. Mais les cadres de l'opposition se demandent pourquoi cette décision est intervenue après « des mois de laxisme ».

Ennahda, le parti islamiste au pouvoir, a longtemps été accusé de complaisance vis-à-vis des salafistes. User de fermeté plus tôt aurait peut-être évité les débordements de dimanche à Kairouan et Tunis, selon Taïeb Baccouche, porte-parole de Nida Tounes.

Dès le début, il faut faire preuve de fermeté à l'égard de groupes qui ne reconnaissent pas l'Etat, ne reconnaissent pas le système civil et républicain, qui veulent instaurer le califat, qui sont en dehors de la loi, de la légalité. On aurait pu éviter cela bien avant si on avait pris la bonne décision à temps.

Taïeb Baccouche

 

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