Togo

Togo: les opposants interdits de manifestation par la police à Lomé

Jeudi 23 mai, à Lomé, des policiers font face à des jeunes qui refusent l'interdiction de manifester.
Jeudi 23 mai, à Lomé, des policiers font face à des jeunes qui refusent l'interdiction de manifester. AFP PHOTO/DANIEL HAYDUK

Ces deux derniers jours, les manifestations prévues par le collectif Sauvons le Togo et la coalition Arc-en-ciel ont été interdites. L’opposition a tout de même tenté de les organiser, se retrouvant confrontée aux forces de l'ordre. Des heurts ont fait trois blessés chez les policiers et entraîné vingt-quatre interpellations côté manifestants, hier jeudi 23 mai.

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La marche à laquelle le collectif Sauvons le Togo et la coalition Arc-en-ciel ont appelé, hier jeudi 23 mai, n’a pas eu lieu. Elle a été interdite et, avant l’heure du rassemblement, tout le site était bouclé.

Les forces de l’ordre ont été déployées en nombre et veillaient à éviter tout attroupement. Ils ont rapidement dispersé les tentatives de rassemblement à l’aide de gaz lacrymogènes.

Puis ce sont des poches de jeunes qui se sont éparpillées dans la ville pour affronter la police et la gendarmerie. « Je suis prêt à mourir pour mon pays ! », scandait l'un de ces jeunes. « Qu'on libère nos époux, réclamait une autre manifestante, sinon il y aura d'autres marches ! » Les affrontements ont duré toute la journée de jeudi, à l’ouest de Lomé. Hommes et femmes, tous les manifestants étaient déterminés.

« Les gens ne voient pas de sortie de crise »

Pour Patrick Lawson, premier vice-président de l’Alliance nationale pour le changement, tous les ingrédients sont réunis pour ces affrontements depuis que ces jeunes ont le sentiment qu’il n’y aura pas de dialogue politique pour sortir de cette crise. « Nous sommes dans une situation, explique-t-il, où les gens ne voient pas de sortie de crise, sinon que (l'option) de résister. » Seule solution pour lui : revenir à la raison et au dialogue.

Un brigadier de police a été grièvement blessé, d’autres agents en service de régulation agressés à la manchette et plus d’une vingtaine de manifestants ont été interpellés. Le ministre de la Sécurité rappelle que l’interdiction de mouvement de rue reste en vigueur jusqu’à nouvel ordre.

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