Union africaine

Cinquantenaire de l'UA: les acteurs économiques et de la société civile ouvrent les festivités

Les chefs d’Etat et de gouvernement réunis ce samedi 25 mai à Addis-Abeba.
Les chefs d’Etat et de gouvernement réunis ce samedi 25 mai à Addis-Abeba. REUTERS/Tiksa Negeri

C'était il y a 50 ans, jour pour jour : le 25 mai 1963, l'Organisation de l'unité africaine devenait une réalité. Elle a depuis changé de nom. Ce samedi, c'est donc l'Union africaine qui fête en grande pompe ce cinquantenaire à Addis-Abeba. La cérémonie a débuté en faisant la part belle aux hommes et femmes du secteur économique et de la société civile, plus qu’aux chefs d’Etat eux-mêmes.

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Avec notre envoyé spécial à Addis-Abeba, Christophe Boisbouvier

L’orateur qui a eu le plus de succès, à l’ouverture de la cérémonie, c’est l’ancien Premier ministre de Jamaïque, Percival James Petterson. Il est monté à la tribune au rythme d’un morceau reggae de Peter Tosh, il marchait en dansant. Tout le monde battait la mesure en frappant ses mains. Il y avait une belle ambiance. « Mes racines africaines exigeaient que je commence avec cette musique », a lancé Percival James Petterson. « Le mot noir ne doit plus être un signe d’infériorité, bannissons les expressions ‘mouton noir’ et ‘liste noire’ ! », a-t-il encore lâché, sous les applaudissements de la salle, où il n’y avait pas seulement des Jamaïcains et de membres de la diaspora. Il y avait, surtout, des hommes et des femmes du continent. Une trentaine d’entre eux se sont succédé au micro pendant la matinée.
 

L’une des plus remarquées a sans doute été l’essayiste nigériane Amina Mama, qui vient de créer l’institut du genre, à l’université du Cap. Comme les autres orateurs, elle a repris les deux maîtres mots de la matinée : renaissance et panafricanisme.

Elle a aussi tenu un discours assez dérangeant à l’égard des chefs d’Etat et de gouvernements qui l’écoutaient. « Chers dirigeants, n’ignorez pas les cris de l’Afrique, de ses femmes, de ses enfants, a-t-elle lancé, il faut que cesse l’exploitation des femmes ! Le microcrédit, par exemple, c’est bien, mais c’est une stratégie minimale. Comme les hommes, les femmes sont capables de devenir des capitaines d’industrie ! »

Applaudissements dans toute la salle, après ces fortes paroles des « panélistes », comme on les appelle à Addis-Abeba. Les chefs d’Etat et de gouvernement ont ensuite repris la main, et la parole à tour de rôle, trois minutes chacun.

Il y a eu de vraies surprises, y-compris de la part de certains chefs d’Etat, comme le président guinéen Alpha Condé, qui, a demandé à l’Ethiopie et à l’Erythrée de « se réconcilier » après vingt ans de crises et de guerres.

Tout le monde est là, ou presque : le Burkinabè Blaise Compaoré, le Malien Dioncounda Traoré, le Sénégalais Macky Sall, le Guinéen Alpha Condé, l’Ivoirien Alassane Ouattara, les Congolais Denis Sassou-Nguesso, Joseph Kabila, et bien d’autres.

Cet après-midi, ce seront des personnalités venues de l’extérieur du continent, qui interviennent à leur tour. Parmi elles, la Brésilienne Dilma Rousseff, l’Américain John Kerry, et le Français François Hollande, qui doit donner une conférence ensuite au lycée français d’Addis-Abeba.

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