Egypte

Le gouvernement égyptien au bord de la cessation de paiement

Un petit garçon devant une usine abandonnée, dans la banlieue du Caire, en février dernier.
Un petit garçon devant une usine abandonnée, dans la banlieue du Caire, en février dernier. REUTERS/Asmaa Waguih

L’économie égyptienne est au bord de la récession, avec un taux de croissance zéro selon les experts. Pire, le gouvernement devra emprunter près du tiers du budget s’il ne veut pas se retrouver en cessation de paiement. Un risque que le gouvernement cherche à éviter par tous les moyens.

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Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

La première solution a consisté à emprunter à des taux prohibitifs. Le gouvernement égyptien a récemment signé un accord avec le Qatar en vertu duquel l’émirat dépose trois milliards de dollars à la Banque centrale égyptienne, contre un taux d’intérêt de 4 %. L’Egypte cherche à faire de même avec d’autres pays du Golfe.

Corruption : amnistie totale contre restitution partielle 

Le gouvernement des Frères musulmans a aussi remis à l’ordre du jour un décret qui avait été adopté du temps du pouvoir militaire et qui permet de suspendre les poursuites pour corruption si les corrompus présumés restituent le bien mal acquis.

Le parquet est même prêt à négocier une restitution partielle contre un pardon total. Toutefois, aucun accord n’a encore été conclu, faute d’un cadre juridique interdisant toute future poursuite.

Le canal de Suez transformé en « Zone franche » ?

Mais l’action la plus ambitieuse du gouvernement a été le lancement officiel du « Projet de développement de la province du canal de Suez ». Un projet en vertu duquel les deux rives de la voie d’eau internationale échappent à la législation égyptienne, pour attirer les investisseurs étrangers. Une « trahison », selon l’opposition laïque et même salafiste.

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