Tunisie / Festival de Cannes

Palme d’or pour Abdellatif Kechiche: la Tunisie entre gêne et fierté

«La Vie d'Adèle» raconte un amour entre deux femmes, jouées par Lea Seydoux et Adele Exarchopoulos.
«La Vie d'Adèle» raconte un amour entre deux femmes, jouées par Lea Seydoux et Adele Exarchopoulos. REUTERS/Yves Herman

En Tunisie, le ministère de la Culture s'est félicité, dimanche soir 26 mai, de la Palme d'or du franco-tunisien Abdellatif Kechiche, tout en ne faisant pas mystère de certaines réserves quant au sujet traité : l'amour homosexuel entre deux femmes. Sur le web tunisien, le sujet a été amplement débattu et pour beaucoup, il est inimaginable que le film La Vie d'Adèle puisse être diffusé en Tunisie.

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En fin de soirée dimanche, le ministère de la Culture saluait la Palme d'or d'Abdellatif Kechiche comme « un motif de fierté » pour la Tunisie, tout en qualifiant le film de « particulier, pouvant susciter des réserves chez une partie du public tunisien ». Il faut dire que l'amour lesbien - thème de La Vie d'Adèle, film du franco-tunisien primé à Cannes - touche au tabou très fort en Tunisie de l'homosexualité, un délit toujours puni par la loi.

Début avril, Mounir Baâtour en a d'ailleurs fait les frais. Cet avocat et homme politique tunisien a été placé en détention préventive dans l'indifférence générale, et il encourt trois ans de prison ferme pour flagrant délit de « sodomie » avec un autre homme dans un grand hôtel de Tunis.

Hier quelques élus tunisiens de gauche ont salué la Palme d'or 2013. Le réalisateur, lui, disait espérer que son film puisse être vu en Tunisie. Le débat animait évidement le web tunisien. « J'ai vu le film, écrivait une blogueuse moderniste sur Twitter. Aucune chance qu'il passe en Tunisie, même interdit aux moins de 50 ans ! »

Si Nessma (chaîne de télévision tunisienne privée) propose de diffuser La Vie d'Adèle, lui répondait un autre internaute, « nous aurons une affaire semblable à celle de Persepolis ». Une allusion à la diffusion du film franco-iranien une semaine avant les élections d'octobre 2011 qui avait provoqué les premières grandes manifestations salafistes en Tunisie et la poursuite du directeur de la chaîne en justice pour « atteinte aux valeurs du sacré ».

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