Côte d’Ivoire

Côte d’Ivoire: l'ONU regrette la lenteur de l'enquête sur les disparus de Nahibly

Camp de Nahibly, Duékoué, le 20 juillet 2012.
Camp de Nahibly, Duékoué, le 20 juillet 2012. REUTERS/Stringer

En Côte d'Ivoire, le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU a fait ses adieux cette semaine avant sa mutation au Mali. Bert Koenders sera resté 18 mois dans le pays. Il est arrivé après la crise postélectorale, mais a connu le drame de Nahibly. Le 20 juillet 2012, ce camp de déplacés à la périphérie de Duékoué, dans l'Ouest, était détruit et incendié par les habitants de la ville, assistés par des militaires ivoiriens et des chasseurs traditionnels dozos. Avant son départ, Bert Koenders s'est dit préoccupé par la lenteur des enquêtes dans une lettre adressée au ministre de la Justice fin mai, que RFI a pu se procurer.

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En octobre dernier, six cadavres étaient déterrés dans un terrain vague à Duékoué. Si Bert Koenders se réjouit qu’une instruction judiciaire soit en cours, il regrette qu’aucune fouille de fosses communes signalées par des témoins n’ait été programmée.

Les puits environnants pourraient cacher les corps des autres personnes disparues après l’attaque du camp de Nahibly. Mais depuis rien n’a été fait alors que l’Onuci (Opération des Nations unies en Côte d’ivoire) a proposé, il y a plusieurs mois, un appui logistique pour cette opération. Le diplomate s’inquiète aussi qu’aucun suspect n’ait encore été interpellé.

Le besoin d'une justice impartiale

Certains sont pourtant identifiés: l’un d’eux, un lieutenant de l’armée ivoirienne, fait même partie du CCDO (Centre de coordination des décisions opérationnelles) une force mixte de sécurité à Abidjan. Bert Koenders propose de nommer d’autres juges d’instruction pour accélérer l’enquête et appuyer les autorités judiciaires. Objectif: partager les résultats de l’enquête de l’ONU sur l’attaque du camp, mais aussi trouver des hommes pour sécuriser les témoins ou les acteurs judiciaires.

Dans une lettre, elle, rendue publique mardi, Bert Koenders demandait au gouvernement ivoirien d’accorder la plus grande priorité à l’ouest de la Côte d’Ivoire et rappelait le besoin de justice impartiale et équitable pour les Ivoiriens.

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