SADC

Afrique australe: la crise malgache et le Zimbabwe au cœur du sommet de la SADC

Leonardo Simão, émissaire de la SADC, a prévenu que la communauté internationale pourrait se retirer du processus électoral malgache.
Leonardo Simão, émissaire de la SADC, a prévenu que la communauté internationale pourrait se retirer du processus électoral malgache. AFP PHOTO/Gregoire POURTIER

Les dirigeants de la Communauté d’Afrique australe (SADC) se réunissent en sommet, samedi 15 juin, à Maputo, au Mozambique. Lors de ce sommet - essentiellement consacré aux préparatifs des élections législatives et présidentielles au Zimbabwe - la Communauté de développement d’Afrique australe devrait également se pencher sur la crise électorale qui sévit à Madagascar.

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Le président sud-africain, Jacob Zuma, très attendu à Maputo, a confirmé sa présence. Il sera tout d’abord sollicité par ses pairs d’Afrique australe, à propos de l’état de santé de Nelson Mandela. Mais il sera, aussi, au centre des débats au sujet du Zimbabwe.

Jacob Zuma est également le médiateur de la SADC chargé d’aider le Zimbabwe à retrouver une vie politique normale, après que le pays a failli sombrer dans la guerre civile, en 2008. Sous la pression internationale, le président Robert Mugabe s’est alors associé à son rival Morgan Tsavangirai – devenu Premier ministre – au sein d’un fragile gouvernement d’union nationale. La situation reste cependant toujours très vive entre les deux hommes et le ton est monté, à Harare, depuis que le président zimbabwéen a fixé au 31 juillet les scrutins législatif et présidentiel.

Morgan Tsvangirai menace, d'ores et déjà, de boycotter les élections si un accord n'est pas trouvé concernant la neutralité des forces de l'ordre et des médias publics lors de la prochaine campagne électorale. En outre, le Premier ministre réclame une révision soigneuse des listes électorales, qu'il estime biaisées au profit de la Zanu-PF, la formation de Robert Mugabe, au pouvoir. Mais en fixant les scrutins au 31 juillet, le président ampute de facto d'une semaine le processus de révision des listes, qui devait durer initialement un mois.

Selon certaines sources, le facilitateur dans le dialogue zimbabwéen, Jacob Zuma, devrait proposer des solutions de compromis.

Madagascar : l’autre dossier urgent

La SADC va-t-elle prendre la décision de se retirer du processus électoral malgache pour protester contre la validation des trois candidatures controversées à la présidentielle ? La poursuite du processus en dépend.

Sur la Grande île, l’élection présidentielle - plusieurs fois reportée - est maintenant reportée sine die. Le calendrier électoral doit être, de nouveau, défini par la commission électorale et les Nations unies mais, depuis plusieurs semaines, la communauté internationale menace de suspendre le financement.

C’est l’avenir de tout un processus qui est en jeu. Un processus qui a été engagé il y a presque deux ans, avec la signature d’une feuille de route de sortie de crise. Le document soumis par la SADC associe la communauté internationale à l’organisation d’élections crédibles et reconnues.

Cependant, ces élections s’éloignent. « Il n’y aura pas de reconnaissance si les trois candidats sont maintenus », a répété, il y a quelques jours, l’émissaire de la SADC, Leonardo Simão, en évoquant les candidatures problématiques d’Andry Rajoelina, Lalao Ravalomanana et Didier Ratsiraka.

Aujourd’hui, l’ensemble de la Communauté internationale fait bloc sur ce sujet et il paraît peu probable que la SADC fasse machine arrière. Elle devrait plutôt réaffirmer sa position. Des sanctions ciblées contre certains acteurs politiques malgaches sont envisagées, comme le gel des avoirs à l’étranger ou des restrictions de déplacements. La France a d’ailleurs pris les devants, il y a quelques jours, en interdisant aux trois candidats et à leurs proches l’accès au territoire français.

La SADC devrait, en pricipe, décider de son éventuel retrait du processus électoral malgache. Mais si elle ne tranche pas lors du sommet de ce samedi 15 juin, elle devrait au moins donner une orientation, avant de nouvelles réunions décisives, le 26 juin prochain, à Addis Abeba, au siège de l’Union africaine.
 

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