Accéder au contenu principal
Journée de l'enfant africain

Enfant africain: tour d'horizon des turpitudes vécues

Dimanche 16 juin, Journée de l'enfant africain. Thème choisi cette année: «Eliminer les pratiques sociales et culturelles néfastes affectant les enfants».
Dimanche 16 juin, Journée de l'enfant africain. Thème choisi cette année: «Eliminer les pratiques sociales et culturelles néfastes affectant les enfants». REUTERS
Texte par : RFI Suivre
16 mn

Pour la Journée de l'enfant africain, l'Unicef et de nombreuses organisations de protection des enfants se mobilisent. Cette année 2013, le thème retenu est : « Eliminer les pratiques sociales et culturelles néfastes affectant les enfants ». Violences sexuelles, exploitation, enrôlement dans des groupes armés... Inventaire non exhaustif de situations et drames qui frappent des enfants d'Afrique.

Publicité

Créée par l'Organisation de l'Union Africaine (devenue l'UA), la Journée de l'enfant africain se déroule chaque année à la même date depuis le 16 juin 1991. Et ce en guise d'hommage et de commémoration du massacre d'une centaine d'enfants par le pouvoir de l'apartheid en Afrique du Sud le 16 juin 1976 alors qu'ils marchaient pour leurs droits à Soweto.

Mali : les enfants soldats

J’ai toujours pensé que dans les communautés touarègues, les enfants ne sont pas associés à la guerre

Leila Zerrougui, représentante spéciale du secrétaire générale de l'ONU pour les enfants et les conflits armés.

Dans un rapport annuel rendu public le 12 juin 2013, l'ONU dénonce « l'exploitation et le recrutement massifs » de centaines d'enfants par les groupes armés du nord du Mali. Selon l'ONU, la plupart des enfants concernés sont des garçons âgés de 12 à 15 ans.

En ligne de mire, les groupes islamistes comme le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), Ansar Dine et al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Même constat du côté des milices pro-gouvernementales : « Dans la région de Mopti-Sévaré, sous contrôle du gouvernement, des informations ont été reçues concernant le recrutement d'enfants par les milices Ganda Izo, Ganda Koy et les Forces de libération du Nord », indique le rapport.

Des munitions non explosées ont tué 24 enfants entre mars et août 2012 dans le nord du Mali, et l'armée malienne a mené « des représailles interethniques contre des enfants d'origine arabe ou touarègue ». Le rapport recense aussi 211 cas de sévices sexuels (viols, esclavage sexuel, mariages forcés) contre des fillettes par des membres du MNLA, du Mujao, d'Ansar Dine et d'Aqmi. Joints par RFI, des responsables de ces groupes ont tenu à démentir ces accusations.

Maroc : bien qu'en baisse, le travail des enfants se perpétue

Selon l'Institut de statistique national marocain, le travail des citoyens de moins de 15 ans a considérablement baissé même si près de 100 000 enfants, essentiellement dans le monde rural, continuent de travailler, le plus souvent sans aucun droit ni protection. Selon le Haut Commissariat marocain au plan, ils étaient 517 000 enfants âgés de 7 à 15 ans à travailler en 1999. Un chiffre ramené à environ à 340 000 en 2004. 

Selon les statistiques de l'enquête nationale sur l'emploi réalisée en 2000, 84% des enfants au travail œuvraient dans l'agriculture contre 6% dans le textile et 4% dans le commerce. Les enfants sont également employés en artisanat, garage, mécanique, en tant que petites bonnes... En 2011, le Maroc a adopté une loi interdisant l'emploi de domestiques âgés de de moins de 15 ans.

Cameroun : le fléau de l'exploitation sexuelle

C'est un sujet tabou

Amély-James Koh Bela

Au Cameroun, le Cercle international pour la promotion de la création (Cipcré) travaille dans le développement et la lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants. Un combat que mène de longue date la Camerounaise Amély-James Koh Bela, en charge de la lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants au Cipcré. « L'Organisation internationale pour les migrations nous parle de 400 000 enfants en situation d'esclavage sexuel et domestique au Cameroun. Mais il y a aussi des enfants qui viennent du Tchad, de Centrafrique, du Nigeria... ». Selon une étude menée par le Cipcré et rendue publique en 2012, 70% des victimes de traite à des fins d'exploitation sexuelle sont des filles. Et 36% du total sont âgées de moins de 13 ans.

Sénégal : mendicité des talibés, excision et mariage précoce

Des enfants  talibés (les disciples) entonnent des Khassaïdes, des poèmes chantés.
Des enfants talibés (les disciples) entonnent des Khassaïdes, des poèmes chantés. Photo : L.Correau/RFI

Au Sénégal, toute la semaine à venir est consacrée à l’enfant. L’Unicef entend mettre le projecteur sur trois pratiques : le mariage précoce, la mendicité des talibés (les élèves de certaines écoles coraniques qui passent leur journée à mendier ; ils seraient 50 000, selon Human Rights Watch, dans les grandes villes du pays) et la lutte contre l’excision, une pratique toujours ancrée dans les régions frontalières à l’est du pays.

Sur ce dernier point, écoutez ci-dessous la représentante de l'Unicef au Sénégal, Giovanna Barbéris. « Aujourd'hui, on demande au gouvernement de ne pas abandonner cette question, de travailler, de s'engager davantage », confie-t-elle.

L'excision est interdite dans la loi mais la loi n'est pas appliquée

Giovanna Barbéris, représentante de l'Unicef au Sénégal

RDC : viol, enrôlement et exploitation notamment à l'est du pays

Des enfants attendent une distribution de nourriture dans un camp de réfugiés de Kibati.
Des enfants attendent une distribution de nourriture dans un camp de réfugiés de Kibati. (Photo : Reuters)

Au Nord-Kivu, le Mouvement du 23-Mars (M23) a été régulièrement accusé d'avoir enrôlé de force des enfants pour combattre dans leurs rangs. Le Haut Commissariat aux droits de l'homme avait rapporté que plus de 100 civils, pour la plupart des jeunes hommes de moins de 24 ans, avaient rejoint sous la contrainte le mouvement rebelle de l'est congolais. La Mission des Nations unies en RDC (Minusco) a récemment indiqué que 53 enfants auraient été recrutés par le M23. Ce qu'a démenti ce dernier dans un communiqué mardi 11 juin : « Ces enfants ont leur place dans les familles et à l'école ». L'été dernier, le M23 avait accusé l'armée nationale congolaise d'enrôler des enfants dans ses rangs, dans le cadre d'une campagne massive de recrutement.

En avril, l'émissaire des Nations unies sur les violences sexuelles, Zainab Hawa Bangura, a relaté des atrocités découvertes au cours de sa mission : « J'ai visité un quartier où, l'année dernière, onze bébés âgés de 6 à 12 mois ont été violés » par des membres des rebelles maï-maï du Katanga. Dans un rapport publié le 8 mai, l'ONU a imputé des faits de viols à l'armée congolaise et au M23. L'enquête, qui s'appuie sur 350 entretiens, démontre qu'au moins 102 femmes et 33 fillettes ont été victimes de viols et d'abus sexuels « de façon systématique et avec une extrême violence ».

De nombreux rapports et enquêtes ont pointé l'exploitation et le recrutement d'enfants pour travailler dans les mines et les carrières du pays. En octobre 2012, l'Unicef et l’ONG Groupe One avaient, dans un communiqué conjoint, déploré la présence de plus de 40 000 enfants dans les carrières minières au Katanga.

Sujet de nombreux articles et de films, il y aurait plus de 20 000 enfants des rues à Kinshasa, la capitale. Ils survivent et se débrouillent vaille que vaille dans les faubourgs de la mégalopole. 

Ci dessous, bande-annonce du film documentaire franco-belge Kinshasa Kids (2013) de Marc-Henri Wajnberg avec Emmanuel Fakoko, Gabi Bolenge, Gauthier Kiloko, Joel Eziegue, José Mawanda, Mickaël Fataki, Rachel Mwanza, Samy Molebe et Bebson Elemba (1h25).

 

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.