Algérie

Algérie: dans les régions frontalières le trafic de carburant engendre de nouveau la pénurie

Une station essence à Souk-Ahras, en Algérie.
Une station essence à Souk-Ahras, en Algérie. Frédéric Soreau/Getty images

En Algérie, le trafic de carburant est un fléau qui engendre pénurie et hausse des prix. Des contrebandiers profitent des tarifs les plus bas du Maghreb pour revendre le carburant algérien au Maroc et dans les pays frontaliers de l'ouest de l'Algérie. Le ministre algérien de l'Intérieur Daho Ould Kablia a récemment dénoncé publiquement ce trafic de carburant, affirmant que 25% de la production nationale était «gaspillée et exportée illégalement» à l'étranger. Ce phénomène est «désormais un problème tant sécuritaire qu'économique» selon le ministre. Le gouvernement a tenu récemment une réunion pour examiner cette situation dans les régions frontalières où la population locale a été privée de carburant.

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Le trafic a engendré des pénuries de carburant, dans un des pays les plus pourvus en pétrole d'Afrique. Comme par exemple dans le département de Tlemcen, frontalier du Maroc qui consomme avec son million d'habitants davantage d'essence qu'Alger, trois fois plus peuplé.

A Tlemcen, le correspondant du quotidien Horizon, Mohamed Medjahdi, correspondant à Tlemcen du quotidien Horizon, a constaté de longue date la recrudescence de ce trafic.Il observe : «... la contrebande, c'est un phénomène qui ne date pas d'hier. A Tlemcen, au niveau de la frontière algéro-marocaine, c'est un phénomène qui mine l'économie, mais l'Etat est toujours là présent, heureusement il y a des moyens de lutte... actuellement 26 postes frontaliers sont en construction pour renforcer la sécurité sur la frontière avec le Maroc ».

Un gain facile pour les jeunes chômeurs

Le trafic est le fait de jeunes qui sont souvent démunis financièrement et sans travail, notamment hors de la capitale, alors que plus de 20% des chômeurs du pays ont moins de 25 ans.« C'est un 'métier' qui appartient à une minorité de jeunes. Il y a des jeunes chômeurs, il y a des jeunes qui sont employés... il y a des diplômés, des licenciés... », constate ainsi le journaliste.

Avec la saison estivale, l'Ouest algérien connaît une recrudescence d'activité touristique. Le gouvernement souhaite ainsi endiguer le fléau avant de nouvelles pénuries.

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