Mali / Présidentielle

Konimba Sidibé du Modec: «Je me sens trahi par les élus qui ont plongé notre pays dans le chaos actuel»

Konimba Sidibé, du Mouvement pour un destin commun (Modec).
Konimba Sidibé, du Mouvement pour un destin commun (Modec). facebook.com/konimbasidibe.officiel

L'élection présidentielle au Mali a lieu ce dimanche 28 juillet 2013 et, parmi candidats, on retrouve Konimba Sidibé, député depuis 2007. Il a pris ses distances avec son premier parti politique, le Parti pour la renaissance nationale (Parena), pour fonder en avril sa propre formation, le Mouvement destin commun (Modec). Son ambition : il ne veut pas se limiter à la dénonciation, mais se mettre concrètement au travail et assainir les institutions.

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RFI : Pourquoi êtes-vous candidat ?

Konimba Sidibé : Je suis candidat parce que ça fait presque une trentaine d’années que je me bats pour la bonne gouvernance dans mon pays bien avant l’avènement de la démocratie. Et, malheureusement, je me sens trahi par les élus de ce pays qui ont plongé notre pays dans le chaos actuel. Pour moi, c’est un défi personnel. Je pense aussi avoir la compétence et l’engagement qu’on estime nécessaires pour relever ce défi.

Je suis candidat parce que cela fait presque une trentaine d’années que je me bats pour la bonne gouvernance dans mon pays, donc, bien avant l’avènement de la démocratie. Malheureusement je me sens trahi par les élus de ce pays, qui l’ont plongé dans le chaos actuel. Pour moi, c’est un défit personnel. Je pense aussi avoir la compétence et l’engagement politique nécessaire pour relever ce pays.

Konimba Sidibé

Qu’est-ce que vous proposez de faire pour l’économie du Mali qui est bien mal-en-point, pour tous ces jeunes qui sont au chômage ?

L’économie du Mali est très mal-en-point pour une raison très simple, c’est que les producteurs ne bénéficient jamais réellement des produits de leur travail. Je vous donne un exemple très simple : l’Etat du Mali subventionne les engrais pour la production agricole. Il se trouve que ces engrais profitent essentiellement aux intermédiaires commerçants et aux fonctionnaires véreux qui passent ces marchés-là. Et le secteur privé, qui est censé être le moteur de notre économie, travaille dans des conditions extrêmement difficiles qui n’incitent pas du tout à produire davantage, à créer des emplois. L’emploi dans notre pays, ce sont des milliers de PME dans le domaine agricole d’abord et ensuite dans le domaine agro-industriel, ils sont en mesure de créer de la richesse de manière durable et de créer des postes d’emplois qui permettraient de réduire ce chômage massif auquel nous sommes confrontés. Mais pour cela, il y a beaucoup de goulots d’étranglement qu’il faut lever et nous allons nous atteler à cela.

Tous les candidats disent « je vais m’attaquer à la corruption ». Concrètement, qu’est-ce que vous avez à proposer ?

Ma première proposition, c’est que la corruption est aujourd’hui à ce niveau-là parce que les élites ont réussi à tisser une grosse toile des réseaux clientélistes sur l’administration publique qui fait que chacun prend à son niveau pour servir les supérieurs hiérarchiques. Il faut commencer par casser ces réseaux à travers les gestions des ressources humaines de l’Etat de qualité qui font que les gens se retrouvent à des postes sans rien devoir à personne et rien que par leurs compétences. La deuxième solution que je propose, évidemment, c’est le renforcement du système de contrôle et, au-delà de ça, surtout l’application des sanctions administratives, mais surtout le fonctionnement de la justice. Tant que l’impunité sera à l’échelle où elle est au Mali, il n’y a aucune chance de réussir la lutte contre la corruption.

Au cœur de cette campagne également, le problème du nord du Mali. Comment est-ce que vous comptez, si vous êtes, élu gérer ce dossier sensible ?

Le problème du nord du Mali, il est d’abord lié à un problème de gouvernance. Et dans ce cas particulier, la mauvaise gouvernance sécuritaire qui a atteint des dimensions absolument inimaginables. La seule manière de sortir de cette crise, c’est d’abord que les Maliens s’assoient et se regardent les yeux dans les yeux pour véritablement peser la dimension de cette crise et convenir des solutions qui permettent d’en sortir. Ensuite la bonne gestion, la bonne gouvernance sécuritaire qui vise essentiellement à mettre nos forces de sécurité de défense en état de défendre l’intégrité territoriale du pays et d’affiner leur mission. Ca, c’est tout un programme qui est absolument indispensable. Si la gouvernance ne change pas, si l’Etat n’est pas plus proche des populations à travers la décentralisation, à travers la déconcentration des appareils d’Etat, etc., la crise ne s’arrêtera pas au nord, elle continuera au sud.

Vous espérez, avec ce programme, être au second tour ?

Evidemment, nous allons vers des surprises dans ce pays. Croyez-moi, les citoyens sont excédés. Nous nous efforçons de tout faire pour qu’une fois de plus le vote ne soit pas un vote clientéliste.

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