RDC / Presse

RDC: deux journalistes violemment frappés par la police

RSF

Une ONG congolaise de défense des journalistes, Journaliste en danger (JED), a dénoncé ce mardi 30 juillet un nouveau cas d’atteinte à la liberté de la presse, en RDC. Deux journalistes congolais ont été « copieusement passés à tabac » par la police, à Kowezi, ville située à environ 300km au nord-ouest de Lubumbashi, capitale économique de la RDC.

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Les deux journalistes - Françoise Lumbu et Claude Tshumba - étaient en plein exercice de leur profession lorsqu’ils ont été agressés « par un groupe d’éléments de la police ». Le 26 juillet 2013, ils ont été « copieusement passés à tabac », spécifie le communiqué de JED, qui rapporte également que les journalistes ont été pris à partie par les policiers lorsque ces derniers les ont vus filmer.

Les policiers se sont « jetés sur Claude Tshumba en le rouant de coups avant d’arracher sa caméra » et ils ont également « braqué des armes » sur les deux journalistes pour les « contraindre à cesser de réaliser leur reportage », indique Journaliste en danger.

Françoise Lumbu et Claude Tshumba travaillent respectivement à la Radio-télévision Manika (RTMa) et à la Radio-télévision Palmier (RTP). Tous deux ont été hospitalisés. Françoise Lumbu a eu « des traumatismes au ventre » et son collègue a été « blessé à la main gauche », a précisé de son côté le directeur de la RTMa, Gaston Mushid, qui a saisi la justice militaire de Kolwezi.

Exigence de sanctions exemplaires

L’ONG de défense des journalistes s’insurge contre « cette agression injustifiée de professionnels des médias qui n’ont commis aucune infraction ». Parallèlement à sa protestation, elle demande à la justice de ne pas laisser cet « incident » impuni et « exige des sanctions exemplaires », car les actes de ce genre ont tendance à se multiplier dans le pays.

Journaliste en danger estime en effet que l’année 2012 avait été une année « record » en termes d’atteintes à la liberté de la presse en RDC, avec « au moins 184 cas d’atteintes diverses au droit d’informer et d’être informé », dont 78 cas de censure et 59 arrestations ou détentions de journalistes.

« Seule note positive : pour la première fois depuis huit ans, aucun cas d’assassinat de journaliste n’a été enregistré en 2012. Par contre, les arrestations, menaces, agressions des journalistes, les censures contre les médias se sont considérablement accrues », souligne l’ONG congolaise de défense des journalistes.

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