Tunisie

Tunisie: Ennahda prêt à former un gouvernement d'union nationale

Le dirigeant du parti Ennahda Rached Ghannouchi, le 22 février 2013 à Tunis.
Le dirigeant du parti Ennahda Rached Ghannouchi, le 22 février 2013 à Tunis. AFP PHOTO / FETHI BELAID

La colère des Tunisiens n'a pas faibli après l'assassinat, la semaine dernière, de l'opposant Mohamed Brahmi. Ce mardi 30 juillet dans l'après-midi, Ennahda a fait un pas vers le dialogue. Le parti islamiste au pouvoir se dit prêt à former une coalition élargie. Une déclaration qui intervient au lendemain de la mort de huit militaires tunisiens sur le mont Chaambi. Les négociations devraient maintenant commencer.

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Comme tous les soirs depuis l'assassinat jeudi 25 juillet du député Mohamed Brahmi, plusieurs milliers de pro et d'anti-Ennahda ont manifesté ce mardi face à face sur le parvis de l'Assemblée dès la rupture du jeune. Les premiers pour demander sa dissolution et la démission du gouvernement, les autres, au contraire, pour soutenir la légitimité électorale de la majorité islamiste.

Dans la journée, sous la pression de l'opposition, le parti Ennahda a fait un pas vers le dialogue. Les islamistes se disent maintenant ouverts à un gouvernement d'union nationale, voire un gouvernement de salut public, mais à condition que l'Assemblée ne soit pas dissoute, pour qu'elle puisse achever la rédaction de la Constitution.

Il s'agit d'un revirement, puisque lundi en conférence de presse, le Premier ministre s'était montré très ferme, refusant toute démission, promettant des élections pour le 17 décembre prochain. Mais cela, c'était avant que le pays n'apprenne la mort de ses huit soldats, dont plusieurs égorgés, décapités même pour certains, sur le mont Chaambi près de la frontière algérienne, où les militaires pourchassent depuis décembre un groupe armé lié à al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Depuis, trois jours de deuil ont été décrétés, et ce mardi matin, le ministre de l'Intérieur s'est dit tenté de démissionner. Il a lui-même appelé à un gouvernement d'union nationale. Première fissure au sein de ce gouvernement de plus en plus fragilisé. Et donc, le chef d'Ennahda pourrait annoncer une concertation. Reste à savoir comment les manifestants et certains partis d'opposition accueilleront cette initiaitive, car beaucoup tiennent absolument à cette dissolution de l'Assemblée.

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