Egypte

Egypte: les partisans de Mohamed Morsi ne désarment pas

Des partisans pro-Morsi, mardi 30 juillet dans les rues du Caire.
Des partisans pro-Morsi, mardi 30 juillet dans les rues du Caire. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

Malgré les avertissements, malgré la menace du pouvoir égyptien qui a chargé la police de déloger désormais ceux qui occupent plusieurs lieux de la capitale, les partisans de Mohamed Morsi ne reculent pas. Ce jeudi 1 er août, la police a bien lancé un appel à la dispersion des sit-in, tels que celui organisé dans le quartier de la mosquée Bilal Ibn Rabah, mais chez les pro-Morsi, on ne croit pas à une intervention frontale des forces de l’ordre.

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Avec nos envoyés spéciaux au Caire, Daniel Vallot et Mathias Taylor

Pour l’heure, les militants pro-Morsi refusent catégoriquement d’évacuer le campement de Rabah. Aux entrées, les contrôles ont été renforcés. Il faut franchir de plus en plus de barricades pour parvenir au campement.

A l’intérieur, l’ambiance reste étonnamment calme. Les occupants de Rabah ne semblent vraiment pas s’alarmer du risque d’un éventuel assaut des forces de l’ordre. La plupart se disent d’ailleurs prêts à se sacrifier pour la cause de Mohamed Morsi et de la démocratie. Certains d’entre eux estiment que, de toute façon, le gouvernement égyptien n’osera pas envoyer l’armée et la police les déloger, par crainte de provoquer un nouveau massacre.

La carte du pourrissement

Ils ont sans doute raison, car intervenir par la force à Rabah aurait des conséquences incalculables. Il est probable, de ce fait, que le gouvernement joue la carte du pourrissement en coupant les pro-Morsi de l’extérieur, en les empêchant de sortir de leur campement. Cela permettra à la fois de réduire leurs capacités de nuisance et de saper le moral des troupes, en attendant une éventuelle démobilisation des pro-Morsi.

La manifestation qui aura lieu ce vendredi 2 août permettra de voir si les Frères musulmans parviennent toujours à mobiliser leurs troupes ou, au contraire, si la lassitude commence à se faire sentir parmi des pro-Morsi qui se battent depuis près d’un mois maintenant pour obtenir le retour au pouvoir du président déchu.

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