Congo-Brazzaville

Explosions de Mpila: le procès s'ouvre ce mardi

Maisons détruites par l'incendie qui a suivi l'explosion d'un dépôt d'armes à Mpila, spectacle d'apocalypse dans la capitale congolaise, le 4 mars 2012.
Maisons détruites par l'incendie qui a suivi l'explosion d'un dépôt d'armes à Mpila, spectacle d'apocalypse dans la capitale congolaise, le 4 mars 2012. AFP/Guy-Gervais Kitina

Le procès de la vingtaine de militaires inculpés dans l'affaire des explosions de Mpila, à Brazzaville en mars 2012, qui avaient causé la mort de près de 300 personnes, s'ouvre ce mardi 6 août devant la cour criminelle. Les jurés ont prêté serment depuis vendredi. Les avocats de la défense souhaitent un procès digne. La session est prévue pour durer un mois.

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« L’affaire des explosions de Mpila de mars 2012 sera jugée lorsqu’elle sera devenue mûre », déclarait il y a quelque temps le ministre de la Justice congolais, maître Aimé Emmanuel Yoka. Elle l’est finalement devenue, puisque le procès des inculpés dans cette affaire, essentiellement des militaires, s’ouvre ce mardi devant la cour criminelle. C’est au niveau de cette juridiction que les dossiers des inculpés ont été définitivement renvoyés, après que le juge d’instruction et la chambre d’accusation se soient déclarés incompétents.

Les inculpés, parmi lesquels figure le colonel Marcel Tsourou, ancien secrétaire général adjoint du Conseil national de sécurité, sont entrés dans la salle d'audience vers 11h. Ils doivent répondre de huit chefs d'inculpation, dont « atteinte à la sûreté de l'Etat » et « incendie volontaire ».

Dix jurés

Les dix jurés, six titulaires et quatre suppléants, chargés de mener les débats et chercher les preuves tout au long du procès, ont prêté serment le 2 août dernier. Ils vont siéger aux côtés des juges professionnels.

Les avocats de la défense, qui ont toujours considéré que le procès était impossible, compte tenu du fait que la procédure n’aurait pas été respectée, seront également de la partie. L’un d’eux a indiqué à RFI que la défense allait à ce procès « très confiante ». « Si la justice pouvait être rendue au nom du peuple congolais, ce serait une bonne chose », a-t-il ajouté, souhaitant que ce procès soit digne.

Huis-clos

Selon la presse locale, les audiences publiques devaient être retransmises sur les chaînes de radio et de télévision de la place. mais cela n'a pas empêché la foule de venir observer le procès. Foule que la salle du tribunal n'a pas pu contenir, et qui s'est amassée devant l'entrée, où des dispositions ont été prises pour la sonorisation.

La prise de parole du ministère public a d'ailleurs été accueillie par des huées. Corneille Moukala-Moukoko, le procureur général près la cour d'appel de Brazzaville, a dénoncé cette attitude, et a rappelé que si la discipline n'est pas observée, force serait donnée à la loi de tenir le procès à huis-clos.

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