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Centrafrique: Bangui sous tension après une opération de la Seleka

Un membre de la Seleka à la sortie d'une mosquée à Bangui le 29 mars 2013.
Un membre de la Seleka à la sortie d'une mosquée à Bangui le 29 mars 2013. REUTERS/Alain Amontchi

Une vaste opération de désarmement a débuté ce mardi 20 août dans la matinée dans les quartiers nord de Bangui et s'est poursuivie jusque tard dans la soirée. Quatre anciens membres de la garde présidentielle de François Bozizé ont été arrêtés et des tirs à l’arme lourde et légère ont été entendus. De nombreux habitants ont fui ces zones de la capitale, selon des témoins, qui évoquent également des scènes de pillage. Il y aurait plusieurs morts et de nombreux blessés.

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Tout a commencé ce mardi matin, dans le quartier de Boy-Rabe. Les hommes de la Seleka ont monté une opération pour trouver des caches d’armes. Au moins quatre personnes de l’ancienne garde présidentielle de François Bozizé ont été arrêtées.

Puis, l’opération s’est poursuivie dans plusieurs localités du nord de Bangui. Des tirs à l’armes lourde et légère ont été entendus pendant ces opérations et continuaient de se faire entendre, dans la soirée de ce mardi, avant de laisser la place à une nuit relativement calme.

Nous déplorons cette manière de faire.

Dieudonné Nzapalainga

L'archevêque de Bangui intervient

Plusieurs jeunes ont été arrêtés. L’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga est intervenu sur une radio privée pour demander leur libération. On signale des morts et de nombreux blessés. Les urgences de l'hôpital de l'Amitié ont été débordées et les blessés ont été évacués à l'hôpital communautaire, le plus grand centre hospitalier du pays.

L’opération se poursuit et une partie de la population est restée terrée chez elle. Une autre a fui vers le sud. Maintenant que la nuit est tombée sur Bangui, il est impossible de dresser un bilan de cette opération.

Les habitants fuient les quartiers nord de Bangui

On voit des jeunes, des femmes, des enfants... ça court dans tous les sens. C’est pratiquement la partie nord de Bangui qui est en train de se vider vers le sud.

Albert Mbaya

Albert Mbaya, rédacteur en chef du journal L’Agora, à Bangui, a été joint par RFI ce mardi soir. Il confirme que « depuis 48 heures, il y a une opération dans la zone nord de la ville de Bangui  ». Il rappelle que, dans la nuit précédant l’investiture du président Michel Djotodia, « dans la nuit (du samedi 17 au dimanche 18 août, ndlr), il y a eu des tirs nourris dans toute la partie nord de la ville de Bangui ».

Il n'y a pas d'opération de désarmement, il y a une chasse aux sorciers.

Lin Banoukepa

« On s’attendait à une réaction », explique Albert Mbaya, qui rapporte que « l’opération de désarmement forcé qui se déroule depuis ce matin dans le quartier Boy-Rabe, s’est étendue à d’autres quartiers, vers l’aéroport ». Il fait également état de coups de feu, qui pouvaient encore être entendus jusque dans la soirée et dans la nuit.

Il confirme également que l’opération a créé la panique dans les zones visées, qui se vident de leurs habitants (le quartier de Boy-Rabe a été vidé de plus de 70 % de ses habitants). « C’est pratiquement la partie nord de Bangui qui est en train de se vider vers le sud », affirme le journaliste au micro de RFI. Il évoque également des témoignages qui font état de scènes de pillages, qui se sont poursuivis la nuit dans certains coins isolés du nord de Bangui, et « des véhicules chargés de motos, de matériels, qui circulent dans Bangui ».

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