RCA / France

Centrafrique: des ONG à l’Elysée pour alerter sur une situation humanitaire «catastrophique»

Des réfugiés dans le camp de Zemio.
Des réfugiés dans le camp de Zemio. RFI/Hyppolyte Donossio
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Des représentants de six Organisations non gouvernementales intervenant en République centrafricaine ont été reçus à l’Elysée, ce vendredi 23 août, pour une réunion avec le président français portant sur la situation humanitaire dans le pays. Une situation « catastrophique qui va s’aggraver », juge François Danel, d’Action contre la faim, qui plaide pour un renforcement des moyens de la force internationale africaine.

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Dans le communiqué diffusé à la fin de la réunion, la France a exprimé sa profonde préoccupation face à la situation « très dégradée » en République centrafricaine. Exprimant la « profonde préoccupation de la France » face à la situation humanitaire dans le pays, l’Elysée a insisté sur « la nécessité absolue de rétablir la sécurité pour assurer l’accès humanitaire à la population. » Devant les représentants des Organisations non gouvernementales (*) présents à cette réunion, François Hollande a également dit souhaiter voir l'ONU « s'impliquer davantage » pour résoudre la crise en Centrafrique.

Les ONG n'ont accès qu'à 20% du territoire

Pour François Danel, directeur général d'Action contre la faim (ACF), il y a, en effet, urgence. Soulignant qu’il y a actuellement « 1,6 million de personnes qui sont en insécurité alimentaire », le directeur d’ACF a évoqué une situation catastrophique. « La saison agricole a été ratée, et donc la situation va encore s’aggraver, dans les mois qui viennent. La situation nutritionnelle est catastrophique. La situation de la santé est catastrophique », liste-t-il, insistant sur un chiffre : « Aujourd’hui, les humanitaires que nous sommes n’accèdent qu’à 20 % du territoire de la RCA. » François Danel accuse la situation sécuritaire dans le pays, qui empêche les ONG d’« assister les populations vulnérables ».

« Il y a un vrai enjeu pour que la force africaine pacifie le pays, sécurise le pays, de manière à ce que les humanitaires et les autres puissent faire leur travail par rapport à une situation qui est dramatique et qui va encore s’aggraver », a-t-il plaidé sur le perron de l’Elysée, à l’issue d’un échange avec le président français qu’il a inscrit dans une démarche de « mobilisation politique, pour que cette force africaine ait des moyens logistiques humains et financiers à la hauteur de la gravité de la situation dans le pays. »

« La sécurité est entre les mains de groupes informels »

« J’avais dit, au lendemain de l’investiture du chef d’Etat de la transition que la situation était dramatique au regard des violations des droits de l’homme, des problèmes sécuritaires, au regard également des problèmes humanitaires des populations. Malheureusement, ce qualificatif est plus que jamais d’actualité, parce que la sécurité est entre les mains de groupes informels », martèle le général Babacar Gaye, représentant du secrétaire général des Nations unies pour la Centrafrique, joint par RFI.

« Il y a au sein de la Seleka des éléments isolés qui, par petits groupes, commettent de véritables actes de banditisme », souligne-t-il, se refusant à pointer la responsabilité directe de Michel Djotodia. « En revanche, quelle est l’autorité réelle sur l’ensemble des groupes qui composent la Seleka ? C’est la question que l’on se pose. Il viendra un moment où l’on aura la réponse à cette question, notamment lorsque la force africaine viendra à se déployer à Bangui, et qu’elle mettra en œuvre sa mission de sécuriser Bangui et de sécuriser le corridor qui va de Bangui à la frontière camerounaise », estime le général Babacar Gaye.

* Les ONG qui ont participé à cette réunion à l’Elysée sont : la FIDH, le CCFD-Terre Solidaire, Action contre la faim, le Secours Catholique, Médecins sans Frontières, Médecins du Monde et « Crisis action ».

 

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