Somalie / UE

Somalie: Bruxelles débloque 1,8 milliards d’euros de dons

Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne et Hassan Cheikh Mohamoud, président de la Somalie, le 16 septembre 2013.
Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne et Hassan Cheikh Mohamoud, président de la Somalie, le 16 septembre 2013. REUTERS/Yves Herman

La communauté internationale s'est engagée à débloquer 1,8 milliard d'euros en faveur de la reconstruction de la Somalie, a annoncé, ce lundi 16 septembre, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à l'issue d'une conférence à Bruxelles. « C'est un jour historique pour la Somalie », a lancé le président somalien, Hassan Cheikh Mohamoud.

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« Nous avons des engagements pour 1,8 milliard d’euros », soit près du double de ce que l’UE espérait mobiliser, s’est félicité le président de la Commission européenne.

« C’est un jour historique », a de son côté lancé le président somalien, coorganisateur - avec l'Union Européenne (UE) - de cette conférence, visant à soutenir le redressement de ce pays de la Corne de l'Afrique, après 20 ans de guerre civile.

Voilà donc un chèque en forme d'encouragement. Selon José Manuel Barroso, le new deal proposé par les pays donateurs vise à récompenser les « importants progrès » de la Somalie, ces douze derniers mois. Depuis l'élection - en septembre 2012 - du président Hassan Cheikh Mohamoud qui a marqué la fin d'une longue période de transition, le pays tente d'organiser son redressement.

Le président somalien l'a rappelé à Bruxelles : l'objectif est de réformer la Sécurité, la Justice, les Finances publiques et de relancer la croissance. Quatre piliers sur lesquels les Somaliens veulent ériger un état structuré.

Après plus de vingt ans de guerre civile, le pays ne doit sa survie qu'à la présence de la force africaine de maintien de la paix - l'Amisom - et aux fonds internationaux qui lui ont permis à la fois de repousser la menace des miliciens shebabs et de retrouver un embryon d'armée nationale.

Même si la sécurité est encore loin de régner en Somalie, les européens et - plus largement - les bailleurs de fonds avaient promis, en juin dernier, un geste d'encouragement. Le président somalien avait lancé une grande concertation entre les clans et les régions avant de présenter à Bruxelles ses priorités. Reste cependant à éviter de nombreux écueils sur cette voie du redressement, au premier rang desquels figure la corruption endémique, récemment dénoncée par l'ONU.

Renforcer l’Etat

Depuis son élection à la présidence - en septembre 2012 - Hassan Cheikh Mohamoud a entamé un processus de reconstruction nationale. Au-delà des accords passés entre clans, pour le partage du pouvoir, et de la lutte contre les miliciens shebabs, le gouvernement central se bat pour réformer la Justice, les Finances publiques ainsi que les secteurs de la Santé et de l'Education.

Une tâche d'autant plus difficile que ces dernières années, la corruption a battu des records. En effet, l'ONU révélait, cette année, que 70% des revenus de l'Etat disparaissaient dans la nature sous le précédent gouvernement. Sans les fonds de la diaspora - évalués à un milliard de dollars par an - l'économie somalienne n'aurait jamais résisté.

Et si le pays a compensé le chaos étatique par un secteur privé très vivace, il reste désormais à financer la reconstruction de services publics adaptés. A titre d'exemple, l'UE souhaite scolariser un million d'enfants dans un pays où seul un enfant sur quatre va à l'école.
 

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