Guinée

Guinée: le gouvernement prend «très au sérieux» les révélations du «Canard enchaîné»

Le président guinéen Alpha Condé. (Ici à l'aéroport de Conakry, le 10 mars 2013.)
Le président guinéen Alpha Condé. (Ici à l'aéroport de Conakry, le 10 mars 2013.) AFP/ CELLOU BINANI

Selon le journal français Le Canard enchaîné, un homme d'affaires franco-israélien aurait monté un complot pour renverser le président guinéen Alpha Condé avec, en toile de fond, le contrôle du plus grand gisement de fer non exploité du monde. Le gouvernement appelle tous les partis politiques à faire bloc derrière lui.

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A deux jours des élections législatives, des rumeurs de coup d’Etat courent à Conakry. C'est Le Canard enchaîné qui en parle dans son édition du mercredi 25 septembre. Selon l'hebdomadaire français, le milliardaire franco-israélien - à la tête d'une société minière - aurait tenté de monter un complot visant à déstabiliser et renverser le pouvoir en Guinée.

Cet homme d'affaires est actuellement en conflit avec l'Etat guinéen à propos des gisements de fer du Simandou dont il détient deux des quatre blocs. Selon Le Canard enchaîné, il est soupçonné de vouloir recruter des mercenaires à l'étranger mais aussi de financer des actes de déstabilisation à l'intérieur du pays.

Le journal met en avant deux notes des services de renseignement français et américains. Interviewé par RFI, le porte-parole du gouvernement guinéen a demandé aux partis politiques, toutes tendances confondues, de soutenir le gouvernement dans l’affaire dite des « monts Simandou ».

« Il est évident qu’aujourd’hui la Guinée est soumise à de forts enjeux au niveau de son patrimoine minier, en particulier le gisement de fer de Simandou. Il y a longtemps que nous, en Guinée, nous avons dit que la plupart des manifestations politiques n’avaient strictement rien de politique et encore moins de spontané », a déclaré à RFI Albert Damantang, porte-parole du gouvernement guinéen.

« Aujourd’hui, des documents venant d’un autre pays, qui n’ont rien à voir avec la Guinée, tendent à entériner cette version. Ce que nous souhaiterions, c’est qu’il y ait un bloc ; que la classe politique guinéenne mais également la société civile fassent bloc derrière le gouvernement pour la protection des intérêts de la Guinée. Pour le reste, laissons à l’appréciation des enquêteurs, à la conscience des uns et des autres », a poursuivi Albert Damantang.

L’opposition « surprise »

Joint par RFI, l’opposant Cellou Dalein Diallo réfute les propos des autorités guinéennes selon lesquels les manifestations organisées ces dernières semaines par l’opposition ne sont « ni spontanées ni politiques » mais elles participent à ce « projet de déstabilisation ». Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée se dit également surpris d’apprendre cette nouvelle sur l’éventuelle préparation d’un coup d’Etat.

Nous sommes dans un pays où il y a une tradition bien ancrée : le complot a toujours été un instrument d’intimidation et d’élimination des adversaires.

Cellou Dalein Diallo

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