Afrique du Sud / Kenya

Après l'attentat au Kenya, l'Afrique du Sud s'interroge

Copie du passeport sud-africain de Samantha Lewthwaite.
Copie du passeport sud-africain de Samantha Lewthwaite. REUTERS/Kenyan Police Service/Handout via Reuters
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Samantha Lewthwaite, la Britannique initialement soupçonnée d’être impliquée dans l’attaque, il y a dix jours, d'un centre commercial dans la capitale kényane, détenait un faux passeport sud-africain. Elle a habité en Afrique du Sud pendant près de deux ans, sans éveiller les soupçons des autorités. Aujourd’hui, le pays se pose donc des questions sur ses propres services de renseignement. Lundi 30 septembre, le secrétaire général du parti au pouvoir, l’ANC, a plaidé pour que les lois sur l’immigration soit durcies et qu’il y ait plus de contrôles aux frontières.

Publicité

Selon la presse sud-africaine, Samantha Lewthwaite aurait acheté son passeport sud-africain à Durban, moyennant la somme de 1 400 euros.

Elle serait passée par un criminel qui aurait payé des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur dans cette ville. Le criminel en question purge actuellement une peine de prison pour fabrication de faux.

Interrogé par la presse, il affirme avoir fourni plus de 3 000 fausses pièces d’identité ces dernières années. Notamment à des islamistes proches des shebabs somaliens.

L’information est à prendre avec beaucoup de prudence. Mais selon des experts, il y a en effet un trafic de passeports en Afrique du Sud.

→ À (RE)LIRE : Attaque de Nairobi, le retour des shebabs

Anneli Botha, chercheuse à l’Institut d’études de sécurité à Pretoria, n’est pas surprise par le faux passeport de la Britannique, le niveau de corruption de l’administration sud-africaine étant élevé.

La chercheuse dit avoir récemment été en contact avec d’anciens militants shebabs qui seraient passés par l’Afrique du Sud pour y obtenir des papiers et recevoir une formation idéologique.

Aujourd’hui, les Sud-Africains se posent des questions sur la porosité de leurs frontières et sur l’efficacité de leurs services de renseignement. Ils se demandent si leur pays est devenu un pays de transit pour les terroristes.

→ À (RE)LIRE : Le Kenya en deuil s’interroge sur l’identité des assaillants

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail