Libye

Ali Zeidan, Premier ministre libyen, enlevé en plein centre de Tripoli

Le Premier ministre libyen Ali Zeidan, le 31 juillet 2013 à Tripoli.
Le Premier ministre libyen Ali Zeidan, le 31 juillet 2013 à Tripoli. Reuters/Ismail Zitouny
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le chef du gouvernement libyen de transition a été enlevé tôt ce jeudi 10 octobre 2013 par un groupe armé à Tripoli. L'information a été confirmée par le gouvernement. Le Conseil des ministres libyen tient ce matin une réunion d'urgence. L'ancien groupe rebelle de la Chambre des opérations des révolutionnaires de Libye a revendiqué l'enlèvement avant de déclarer qu’Ali Zeidan était « en bonne santé ».

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C’est le responsable même de la sécurité à Tripoli qui a enlevé le Premier ministre.

Othmane Bensasi

Ali Zeidan a été escorté par des hommes armés à la sortie de son hôtel, qui est situé en plein centre de Tripoli, juste à côté de la vieille ville. Il s'agit d'un des grands hôtels de luxe de la capitale libyenne, face à la mer. En principe, la sécurité est forte autour de cet hôtel, pour protéger les diplomates, les hommes politiques libyens et les businessmen. Mais visiblement, la sécurité de M. Zeidan et celle de l'hôtel n'ont rien pu empêcher.

Qui sont ces hommes armés ? Certains pointent du doigt d'anciens rebelles. Pour l'instant, seul un groupe a revendiqué l'enlèvement ; il s'agit de la Chambre des opérations des révolutionnaires de Libye. Cette milice affirme avoir arrêté Ali Zeidan, conformément aux articles relatifs au crime d'atteinte à la sureté de l'Etat et sur ordre du parquet général, ce que le parquet ne confirme pas. Le Premier ministre se trouverait au ministère de l'Intérieur détenu à la brigade anticriminalité, en bonne santé et bien traité.

Un groupe qui échappe au contrôle du gouvernement

Ce groupe est composé d’anciens rebelles et s’est fait connaître fin avril début mai de cette année. Il a fait pression sur le gouvernement pour qu’il adopte une loi d’exclusion politique qui visait à bannir de la vie politique tous les officiels et les dirigeants de l’ancien régime. C’est un groupe qui s’appuie sur un réseau assez important, puisque ce sont des liens qui se sont créés pendant la révolution. Ils ont des soutiens un peu partout dans le pays.

Certains des ces anciens rebelles sont retournés à la vie civile, mais d’autres sont restés dans leur brigade. Et ces brigades ont été incorporées comme telles dans des unités plus larges, contrôlées par le gouvernement. Mais en fait, les anciens rebelles continuent, pour la plupart, de n’obéir qu’aux dirigeants qu’ils avaient pendant la révolution et donc à ne pas respecter l’autorité du gouvernement central.

En représailles à la capture d’Abous Anas al-Libi

L'enlèvement survient cinq jours après la capture à Tripoli, par un commando américain, d'Abou Anas al-Libi, un chef présumé d'al-Qaïda, accusé par Washington d’être impliqué dans les attentats de 1998 au Kenya et en Tanzanie.. « L'arrestation » de M. Zeidan, selon les termes employés par les ex-rebelles, ferait office de représailles. Elle « intervient après la déclaration de John Kerry concernant la capture d'Abou Anas al-Libi, après qu'il a dit que le gouvernement libyen était informé de cette opération », explique un porte-parole du groupe d'ex-rebelles.

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