Libye

Libye: le Premier ministre Ali Zeidan libéré quelques heures après son enlèvement à Tripoli

Le Premier ministre libyen, Ali Zeidan.
Le Premier ministre libyen, Ali Zeidan. REUTERS/Denis Balibouse/Files
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le chef du gouvernement libyen de transition avait été enlevé tôt ce jeudi 10 octobre 2013 par un groupe armé à Tripoli. Une « arrestation » revendiquée rapidement par l'ancien groupe rebelle de la Chambre des opérations des révolutionnaires de Libye. Détenu un temps au ministère de l’Intérieur, le Premier ministre a été libéré en fin de matinée.

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Le Premier ministre est finalement arrivé en toute fin de matinée, au siège du gouvernement à Tripoli. Il semblait en bonne santé et à son arrivée, Il a salué les personnalités venues l'accueillir à sa descente d'une voiture blindée. Il y a avait plusieurs ministres, et des membres du Congrès général national, la plus haute autorité du pays.

Le chef du gouvernement libyen a été libéré quelques heures après avoir été enlevé et détenu par une brigade d'ex-rebelles. Ali Zeidan avait été escorté par des hommes armés à la sortie de son hôtel, le Corinthia, situé en plein centre de Tripoli, juste à côté de la vieille ville.

Cet enlèvement avait été rapidement revendiqué par un ancien groupe rebelle. La Chambre des opérations des révolutionnaires de Libye affirmait avoir arrêté Ali Zeidan, conformément aux articles relatifs au crime d'atteinte à la sureté de l'Etat et sur ordre du parquet général. Le procureur de la République a formellement démenti tout demande d'arrestation. Le Premier ministre aurait passé l’essentiel de sa détention au ministère de l'Intérieur, à la brigade anticriminalité.

Lien avec l'arrestation d'un responsable d'al-Qaïda ?

Hasard ou non, cette brève détention intervient quelques jours après la capture, samedi 5 octobre, d'un responsable d'al-Qaïda, Abou Anas al-Libi, par un commando américain. Une action dénoncée comme une ingérance inacceptable par de nombreux mouvements islamistes. Certains accusent le gouvernement libyen d'avoir été informé au préalable de cette opération.

« C'est clairement un avertissement adressé au gouvernement et aussi à la communeauté internationale », analyse le chercheur Hasni Abidi. Un précédent qui revèle l'ampleur du défi sécuritaire que doivent relever les autorités du pays. Peu de temps avant l'annonce de la libération de M. Zeidan, le vice-Premier ministre a assuré que « le gouvernement ne cèderait au chantage de quiconque ».

La Chambre des opérations des révolutionnaires de Libye opère en théorie sous les ordres des autorités. Ces ex-rebelles sont placés sous la tutelle du gouvernement et sont chargés notamment de la sécurisation de la capitale. Mais ils ont toujours refusé de se désarmer et de se dissoudre dans l'appareil d'Etat.

Ce groupe ne veut pas obéir aux ordre des ministères de l'Intérieur et de la Justice.

Hasni Abidi

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