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Guinée

Législatives en Guinée: toujours pas de résultats et un climat électrique

Des urnes entreposées dans un centre de compilation des procès-verbaux dans la commune de Matoto.
Des urnes entreposées dans un centre de compilation des procès-verbaux dans la commune de Matoto. Olivier Rogez/RFI
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Quinze jours après les législatives, on ne connaît toujours pas les résultats. À Matoto, quartier populaire de Conakry, ça bloque toujours. Le RPG au pouvoir remet en question les chiffres qui donnaient en tête l'opposition et multiplie les recours. Dimanche soir, les représentants de la communauté internationale au sein du comité de suivi du processus électoral se sont alarmés de ce retard dans un communiqué. Il y a quelques jours, les observateurs étrangers avaient confirmé des « irrégularités » dans certaines circonscriptions. Quant à l'opposition, elle s'est retirée du comité de suivi et appelle toujours à l'annulation du scrutin. Et d'autres affaires viennent encore alourdir le climat.

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Depuis cinq jours , Mamadou Billo Sy Savané est sous les verrous à Conakry. Lundi dernier sur la radio Lynx FM, ce Franco-Guinéen de 66 ans, militant de longue date, s'en est pris avec verve au président guinéeen. Alpha Condé n'a pas du tout apprécié d'être accusé en direct de corruption. Pour la première fois depuis son entrée en fonction, il a engagé des poursuites en diffamation. « Seule réponse possible dans ce climat délétère où tout est amplifié et transformé », explique une source officielle.

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Depuis un article duCanard enchaîné sur un possible coup d'État fin septembre, chaque semaine, ce « climat » est alimenté par une nouvelle affaire. Comme en témoigne le cas Abdoulaye Sy Savané par exemple. Cet homonyme du premier, lui aussi franco-guinéen, a été interpellé après l'article, puis relâché et arrêté de nouveau sans que l'on sache vraiment pourquoi.

« Un retour aux méthode de l'époque Sékou Touré »

Et puis il y a ces 33 jeunes arrêtés après des violences politiques fin septembre, emmenés dans une garnison à Kankan, brutalisés puis relâchés deux semaines plus tard. Pour l'opposant Sydia Touré, « c'est un retour aux méthodes de l'époque Sékou Touré ». « C'est le chef de l'État qui – une fois informé de leurs cas –, a ordonné leur libération », rétorque le porte-parole du gouvernement Albert Damantang Camarra.

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Consciente des risques pour l'instant, l'opposition n'appelle pas à manifester, mais n'écarte pas cette possibilité. Les violences électorales ont fait une cinquantaine de morts depuis le début de l'année.

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