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République démocratique du Congo

RDC : l’armée congolaise à Chanzu, ancien fief du M23

Char de l’armée congolaise lors de l’offensive contre le M23, le 31 octobre 2013.
Char de l’armée congolaise lors de l’offensive contre le M23, le 31 octobre 2013. REUTERS/Kenny Katombe
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le mouvement du M23 a proclamé, ce mardi 5 novembre au matin, la fin immédiate de sa rébellion dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et exprimé sa volonté de parvenir à une solution pacifique à la crise. Le gouvernement de Kinshasa a annoncé de son côté que l'armée avait pris le contrôle de la dernière grande base des rebelles. « Les derniers rebelles ont fui pour la plupart vers le Rwanda », a ajouté le ministre de la Communication. Et à Chanzu, ancienne place forte du M23, ce sont désormais les soldats congolais qui paradent.

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Chanzu, l’ancienne place forte du M23, est une colline à plus de 2 000 mètres d’altitude, un petit sommet qui surplombe des centaines d’autres collines. C’est là, que le M23 a démarré sa rébellion il y a vingt mois. C’est là aussi qu’il avait établie sa base opérationnelle. Littéralement une paillote, au sommet juste, à côté d’un hôtel éternellement en construction.

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C’est là que résidait encore il y a quelques heures le chef militaire du M23, Sultani Makenga. Ce midi, c’est un soldat congolais qui porte son chapeau. Un autre a récupéré une guitare électrique. Plus essentiel, tout autour, dans les contreforts de la colline, cinq importantes caches d’armes cachées sous terre ont été découvertes, une quantité d’artillerie effarante, le M23 en a brûlé une partie avant de prendre la fuite, l’odeur de la poudre est toujours suspendue dans l’air.

→ A (RE)LIRE : RDC: après la prise de Rumangabo, l’armée lance une offensive sur Chanzu

Ce mardi matin, pour l’armée congolaise, la prise de la ville de Chanzu, avait tout de la chasse au trésor, car les rebelles, une centaine environ, ont fui juste après avoir brûlé un maximum de munition et une quarantaine de voiture. Une vingtaine d’entre eux, ce sont rendus. Partout des soldats se promènent certains avec des missiles antichar, d’autres avec des cartouches et des grenades, comme autant de trésors de guerre. Tous se délectent de ce moment, se félicitent et chantent : « La guerre est finie, la guerre est finie, Sultani Makenga est fini ».


■ Analyse : pourquoi le M23 a-t-il rendu les armes ?

Le M23 a cédé à la pression diplomatique. Ce qu'exigeait le gouvernement congolais, c'est que le mouvement du 23-Mars annonce publiquement la fin immédiate de sa rébellion. C'était déjà inscrit dans les textes sur lesquels les deux partis s'étaient mis d'accord à Kampala : une déclaration publique pour pouvoir proclamer la victoire, quel que soit l'accord signé dans quelques jours. C'est du moins ce qu'espère la communauté internationale.

Sur le terrain, les troupes du M23 étaient aussi sous forte pression après l'offensive des FARDC, retranchées sur deux ou trois collines autour de Bunagana, leur dernière place-forte tombée la semaine dernière aux mains du gouvernement. Hier, ce sont les hélicoptères et les chars de la Monusco qui sont entrés en action au côté de l'armée congolaise.

Alors que le président du M23 annonce la fin de la rébellion et que ses troupes se préparent au désarmement, les commandants du M23 et leurs escortes, ce qui restait des troupes rebelles après l'offensive, ont évacué leurs positions à la faveur de la nuit. Des positions qui ont été reprises ce mardi matin par l'armée. « Ils sont toujours au Congo », assure l'un des représentants de la délégation du M23 aux pourparlers de Kampala.

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