Libye

Libye: la sécurité tributaire de l'application de la charia, selon le principal groupe salafiste jihadiste

Le Premier ministre libyen Ali Zeidan.
Le Premier ministre libyen Ali Zeidan. Reuters/Ismail Zitouny
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En Libye, le groupe Ansar al-charia a annoncé le 12 novembre dans un communiqué transmis à l'agence de presse française, AFP, que la situation sécuritaire en Libye dépendait de l'application de la loi islamique. Principal groupe salafiste jihadiste libyen, le groupe Ansar al-charia est pointé du doigt dans des dizaines d'attaques et d'assassinats dans l'est du pays.

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« Le calme et la sécurité sont tributaires de l'application de la loi islamique », c'est ce qu'a affirmé mardi le groupe extrémiste Ansar al-charia en Libye. « Notre objectif et ce pour lequel nous oeuvrons, c'est le retour de la loi islamique », a déclaré le groupe.

Joint par téléphone, un membre d'Ansar al-charia a ajouté : « Nous ne reconnaissons l'autorité d'aucun ministère, d'aucune institution gouvernementale ou d'aucun appareil sécuritaire ».

Ce n'est pas la première fois qu'Ansar al-charia fait une telle déclaration mais celle-ci intervient au lendemain de la visite du Premier ministre à Benghazi et suite à une session parlementaire agitée sur le rôle des groupes armés.

Ansar al-charia est régulièrement évoqué comme responsable de la série d'assassinats contre des membres de l'appareil sécuritaire et judiciaire dans l'est du pays et dans l'attaque contre le consulat américain à Benghazi le 11 septembre 2012.

A (RE)LIRE :Quatre assassinats en moins de 24 heures dans l'est de la Libye

Jusqu'à présent le groupe a démenti toute implication. Chassé du centre-ville de Benghazi, il contrôle l'entrée ouest de la ville et son quartier général se trouve dans une caserne de l'ancien régime. Outre Benghazi et Derna, le mouvement serait désormais présent dans plusieurs villes, notamment à Syrte, la ville de l’ex-Guide libyen Mouammar Kadhafi.


L’économie en récession

L'économie libyenne devrait se contracter de plus de 5% cette année. C'est ce qu'a annoncé le 12 novembre, le Fonds monétaire international, dans son rapport économique régional. Les perturbations depuis fin juillet, liées aux mouvements de protestation dans les terminaux pétroliers expliquent cette récession. L'industrie pétrolière fournit 96% des revenus de l'Etat libyen.

Une crise coûteuse

Les gardes des installations pétrolières bloquent les principaux terminaux du pays, dans l’est de la Libye. Ils réclament la mise en place d'un système fédéral et ont annoncé ce week-end, la création d'une compagnie pour commercialiser leur pétrole. La situation commence à coûter cher au pays. Depuis cet été, les pertes sont estimées à 13 milliards de dollars. La production a chuté à 250 000 barils par jour contre un million et demi avant cet été.

Cette crise touche aussi le gaz naturel. Hier les livraisons en direction de l'Italie ont été interrompues. Depuis plusieurs jours des manifestations de la minorité Amazigh ont lieu près du terminal gazier de Militha, au nord-ouest du pays. Ce complexe fournit 17 millions de mètres cubes de gaz par jour à l'Italie, via un gazoduc. La situation semble donc échapper au contrôle des autorités libyennes qui s'inquiètent pour leur budget.

Ce week-end le Premier ministre, Ali Zeidan, a annoncé que le pays peinerait à couvrir ses dépenses publiques dès le mois prochain.

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