Congo-Brazzaville / France

Congo-Brazzaville: création d’un comité de soutien au colonel Ntsourou à Paris

Le colonel Marcel Ntsourou (G), dans le box des accusés, lors du procès du Beach de Brazzaville en 2005.
Le colonel Marcel Ntsourou (G), dans le box des accusés, lors du procès du Beach de Brazzaville en 2005. AFP PHOTO/GG Kitina

Au Congo-Brazzaville, les soutiens du colonel Ntsourou s'organisent. Plusieurs opposants en exil, membres de la société civile ou encore défenseurs de droits de l'homme ont formé, depuis Paris, un comité de soutien international pour défendre l'officier congolais toujours incarcéré, depuis le 16 décembre. Marcel Ntsourou avait été condamné à de la prison avec sursis dans l'affaire des explosions de Mpila. Il avait clamé son innocence et avait menacé de donner des informations sur l'affaire du Beach. Pour son comité de soutien, qui a tenu sa première conférence de presse mercredi, il n'est qu'un bouc émissaire, et le pouvoir veut l'empêcher de parler.

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Pour son comité de soutien, Marcel Ntsourou est en danger de mort derrière les barreaux. Son porte-parole Romain Bedel Soussa demande qu'un médecin, que la Croix-Rouge et son avocat puissent lui rendre visite : « Nous connaissons le système, on peut l’empoisonner. Nous savons que Ntsourou porte sur lui une balle et cette balle doit être extraite. Le pouvoir peut le garder en vie ou le tuer, si on n’agit pas ».

Maître Amédée N'Ganga avait défendu Marcel Ntsourou dans l'affaire des explosions de Mpila. A l'époque, numéro deux des renseignements, il avait écopé de cinq ans de travaux forcés avec sursis. Selon l'avocat, ses déboires visent à protéger les vrais responsables de la catastrophe : « Ce n’est pas une justice à laquelle on peut donner un quelconque crédit. C’est encore une manipulation pour détourner l’attention du peuple pour ignorer, oublier l’affaire du 4 mars ».

→ A (RE)LIRE : Le colonel Marcel Ntsourou sur RFI: «l’explosion de Mpila est un accident»

Benjamin Toungamani remonte lui à 1999, à l'affaire du Beach. Pour le président de la plateforme contre la corruption, Marcel Ntsourou doit vivre pour pouvoir livrer ses secrets : « Nous avons besoin de Marcel Ntsourou. Nous avons besoin de sa vérité. La vérité de monsieur Ntsourou va nous permettre d’éclairer le problème du Beach. Et le problème du Beach va permettre à l’unité congolaise de se faire ».

Depuis qu'il est incarcéré, Marcel Ntsourou a été dégradé, puis radié de l'armée. Raison officielle : « Manquement à l'obligation de réserve, faute contre l'honneur et la discipline militaire ». Ses proches estiment que ce n'est que le début du châtiment qui guette le désormais ex-colonel.

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