Congo-Brazzaville

Au Congo-Brazzaville, les avocats du colonel Ntsourou montent au créneau

Le colonel Marcel Ntsourou (G), dans le boxe des accusés, lors du procès du Beach de Brazzaville en 2005.
Le colonel Marcel Ntsourou (G), dans le boxe des accusés, lors du procès du Beach de Brazzaville en 2005. AFP PHOTO/GG Kitina

Les trois conseils du colonel Ntsourou ont organisé une conférence de presse samedi 11 janvier pour dénoncer la procédure menée par le parquet depuis l'arrestation de leur client. L'ancien secrétaire général adjoint du Conseil national de sécurité avait été condamné en septembre dernier à 5 ans de travaux forcés avec sursis dans l'affaire des explosions de Mpila. Par la suite, il s'était clairement opposé au pouvoir et avait notamment menacé de donner des informations sur l'affaire Beach. Il a été arrêté le 16 décembre après des combats à son domicile entre ses partisans et les forces armées faisant au moins 22 morts. Depuis, il a été dégradé puis radié de l'armée. Ses avocats affirment qu'on les empêche de le voir.

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« C'est une violation flagrante des procédures, des droits de l'homme et une preuve supplémentaire d'un acharnement ». Maître Malonga ne décolère pas après plusieurs échecs pour voir Marcel Ntsourou dans sa cellule.

Depuis son arrestation à la mi-décembre, l'avocat n’a pu le voir qu’une fois depuis son arrestation, c'était le 28 décembre. « Il allait mal. Il avait toujours une balle dans la jambe », explique-t-il. Maître Malonga a ensuite voulu lui rendre visite de nouveau afin de s’assurer qu'il soit soigné. Il s’est donc présenté à la maison d'arrêt le 1er, le 2 et le 3 janvier, essuyant chaque fois un refus des autorités pénitentiaires.

Le procureur et l'avocat se renvoient la balle

« Le procureur m'a délivré un permis de communiquer, j'ai donc le droit de le voir. C'est inadmissible », s'exclame l'avocat. Il a désormais reçu le renfort de ses confrères maîtres Ibouanga et Nkounkou, pour défendre l'ex-numéro deux des renseignements, sous le coup d'une procédure de crime flagrant.

Le procureur répond aux critiques. « S'il y a un permis de communiquer, impossible de refuser une visite. Ses avocats mentent », déclare André Oko Ngakala. « Ils font du chantage et de l'amalgame. Ils doivent choisir entre faire de la politique, ou faire leur métier », indique le procureur qui ajoute que sa porte leur a toujours été ouverte. Maître Malonga a lui promis de faire une nouvelle tentative aujourd'hui dimanche pour voir son client.

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