Libye

Le Sud de la Libye, nouveau sanctuaire des jihadistes

Des soldats de l'armée nigérienne patrouillent dans le nord du pays, en septembre 2010.
Des soldats de l'armée nigérienne patrouillent dans le nord du pays, en septembre 2010. AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Le Niger souhaite une intervention militaire dans le Sud de la Libye, nouveau sanctuaire jjihadiste. L’annonce a été faite sur les antennes de RFI ce mercredi 5 février par le ministre nigérien de l'Intérieur, Massoudou Hassoumi. Une intervention militaire internationale, dans cette zone, avait été évoquée la semaine dernière par l'amiral Edouard Guillaud, chef d'état-major des armées françaises.

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D'après le quotidien Le Figaro, des éléments des forces spéciales américaines se livrent ponctuellement à des opérations coup-de-poing contre des jihadistes dans le Sud-libyen avec la bénédiction et la coopération des autorités libyennes. Ces vastes étendues échappent au contrôle d’un Etat libyen en voie de délitement. C'est une zone instable où se superposent conflits tribaux et trafics. Les frontières avec l'Algérie, le Niger, le Tchad et l'Egypte sont poreuses et les jihadistes en profitent.

Des jihadistes en déroute du Mali se sont installés, selon des sources au sein des services antiterroristes occidentaux, le long d’un axe de quatre cents kilomètres entre Ghat, à la frontière sud-ouest de la Libye avec l'Algérie et Oubari, à cent cinquante kilomètres au sud-ouest de Sebha. Il est probable qu'ils soient également dans les secteurs au nord de la frontière avec le Niger.

On sait aussi qu’une section de combattants d’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) s’est installée en Libye en 2012, d’après une correspondance de l’organisation retrouvée par l’agence américaine Associated Press. Mokthar Belmokthar, qui a fusionné son groupe « Les signataires par le sang » et le Mujao, en septembre dernier, y compte également des soutiens. Les frontières du sud-ouest sont surveillées par des Touaregs et, plus à l'est, ce sont les nomades de l’ethnie des Toubous. Ils ne cachent pas qu’ils sont incapables d'intercepter une colonne de pick-up qui roule à tombeaux ouverts.

Un corridor qui fonctionne toujours

C'est dans ce Sud-libyen que les jihadistes se reposent, se reconstituent, s'entraînent et préparent des opérations mais rien ne filtre sur la localisation de leurs camps d’entraînement. Ils sont plutôt discrets et les habitants de Sebha peinent à les distinguer des ex-révolutionnaires islamistes qui s'y sont installés, en octobre 2011, après la chute de Tripoli. La zone est le lieu d'affrontements tribaux réguliers, entre les Oueled slimane, réputés proches de feu Mouammar Kadhafi, et les Toubous.

Dera Libya, une brigade d'interposition sous la tutelle du ministère de la Défense, a été dépêchée de Cyrénaïque en 2012. Composée essentiellement d’ex-tuwars islamistes, elle assure toujours des opérations de maintien de l’ordre à Sebha et ses environs. La vaste zone - mille kilomètres d’est en ouest - est le lieu de trafics d'armes, de stupéfiants et de produits alimentaires libyens subventionnés. Elle est par ailleurs traversée par des migrants d’Afrique sub-saharienne qui cherchent à gagner le Nord.

Dans cette vaste zone, les jihadistes ne sont pas en vase clos. Ils peuvent s'appuyer sur d'autres formations jihadistes dans le maquis de Derna, en Cyrénaïque, l'ex-fief du Groupe islamique combattant libyen. Selon les services de renseignements occidentaux, des armes ont été acheminées de Cyrénaïque jusqu'au Nord du Mali, à travers le Sud-libyen, en 2012 pendant l'occupation du septentrion malien par Aqmi et Ansar Dine. Ce corridor fonctionne toujours.

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