Guinée: deux morts et 33 blessés lors de manifestations à Conakry

Heurts entre police et manifestants à Conakry, le 2 mai 2013.
Heurts entre police et manifestants à Conakry, le 2 mai 2013. REUTERS/Saliou Samb

Deux personnes ont été tuées et au 33 légèrement blessées lors d'émeutes, à Conakry, ce mardi 18 février. Ces violences ont eu lieu à la suite du manque chronique de courant électrique en Guinée. Des milliers de jeunes gens ont laissé éclater leur colère dans plusieurs quartiers de la banlieue de Conakry où les forces de l'ordre, déployées en masse, ont affronté les manifestants.

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Les manifestants sont sortis spontanément dans les rues, au terme d’un délai d’une semaine - promis par le Premier ministre guinéen, Mohamed Saïd Fofana – pour rétablir l’électricité dans les quartiers les plus affectés par les coupures.

Cette promesse non tenue ainsi qu’une déclaration, lundi soir – sur les médias d’Etat – du gouverneur de Conakry, Sékou Resco Camara, menaçant d’arrêter et de traduire en justice tout manifestant dans la rue sous prétexte de coupure de courant, ont mis le feu aux poudres, expliquent des témoins.

Comme il y a une semaine, des milliers de jeunes sont spontanément sortis de leurs lits pour se mettre en travers des grands axes routiers pour exiger le rétablissement des services sociaux de base qui font cruellement défaut, en Guinée. Barricades, pneus grillés, poubelles renversées, jets de pierres… tout y était pour se faire entendre par qui de droit. Et l’arrivée, en grand nombre, des forces de l’ordre a davantage dopé les manifestants décidés à en découdre.

Gaz lacrymogènes, matraques contre des jets de pierres… c’est dans ces nuages de fumée qu’un véhicule de la gendarmerie a accidentellement écrasé un manifestant, selon le porte-parole de la gendarmerie. C’est alors qu’un élève gendarme, à bord d’un véhicule de la gendarmerie, a été atteint par un caillou jeté par un manifestant. Tombé par terre, il a été récupéré par une foule en colère qui l’a achevé sur le champ.

EDG ignore quand l'électricité pourra être rétablie

C'est l'avarie d'un transformateur desservant les lignes électriques des quartiers privés d'électricté qui est la cause de ces coupures. Un nouveau transformateur a bien été installé, mais sa mise en marche demande plus de temps que prévu, explique le directeur général d'Electricité de Guinée (EDG), Nava Touré :

« Le nouveau transformateur que nous sommes en train de poser était stocké hors tension depuis 2007. L’humidité s’est infiltrée dans son moteur et a altéré les caractéristiques d’isolement du transformateur. Le transformateur de remplacement a besoin d’un reconditionnement qui puisse amener ses caractéristiques à des niveaux de sécurité indispensables pour une mise en service. C’est ce que nous sommes en train de faire.

Nous ne pouvons pas prédire un délai quelconque pour l’atteinte des paramètres puisqu’il s’agit d’appliquer des procédures bien précises et de procéder à des mesures électriques sur le transformateur au fur et à mesure pour nous assurer que nous procédons dans la bonne direction. »

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