Afrique du Sud / Rwanda

Pretoria assure avoir des «preuves» contre les diplomates rwandais expulsés

Jeff Radebe, le ministre sud-africain de la Justice, ici en mai 2009, assure détenir des preuves à l'encontre des diplomates rwandais expulsés..
Jeff Radebe, le ministre sud-africain de la Justice, ici en mai 2009, assure détenir des preuves à l'encontre des diplomates rwandais expulsés.. AFP PHOTO / ALEXANDER JOE

Pour la première fois depuis le début de la crise diplomatique avec le Rwanda, l'Afrique du Sud s'est exprimée officiellement. Le ministre de la Justice sud-africain affirme avoir des «preuves» que les diplomates expulsés sont impliqués dans un meurtre et des tentatives d’assassinats d’opposants en Afrique du Sud. Le Rwanda rétorque que Pretoria a eu tort d’expulser ces diplomates «respectueux de la loi».

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C’est au Cap que Jeff Radebe, ministre sud-africain de la Justice, s’est exprimé lors d’une conférence de presse, ce mercredi. Une déclaration attendue depuis l’expulsion de quatre diplomates – trois Rwandais et un Burundais – au début du mois de mars, même si, officieusement, on expliquait déjà que cette décision de Pretoria était liée à l’attaque contre la résidence de l’opposant rwandais en exil, le général Kayumba Nyamwasa.

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Jeff Radebe a commencé sa communication à la presse en vantant les bonnes relations diplomatiques entre le Rwanda et l'Afrique du Sud, comme d'autres officiels l'ont fait avant lui. Des relations qui resteront inchangées, a assuré le ministre. « Ceci étant dit », Jeff Radebe est ensuite entré dans le vif du sujet. Le garde des Sceaux sud-africain a expliqué que ces diplomates ont enfreint leur statut en s’associant à des « activités illégales ». Il cite des « tentatives de meurtre, y compris un assassinat », faisant référence aux attaques contre l'ancien chef d'état-major rwandais, Kayumba Nyamwasa, et à l'assassinat de l'ancien chef des renseignements extérieurs, Patrick Karegeya, opposant en exil tué en Afrique du Sud. « Nous avons des preuves » de l’implication des diplomates, assure Jeff Radebe, sans les détailler.

Pour le Rwanda, la faute incombe à l'Afrique du Sud

Depuis Kigali, Vincent Karega, ambassadeur rwandais en Afrique du Sud, a d’abord expliqué à l’agence de presse Reuteurs n’avoir vu aucune preuve. « S’il y avait des preuves que le Rwanda faisait ce genre de choses, nous aurions réagi », a ajouté Vincent Karega. La réaction, comme souvent avec les autorités rwandaises, a été faite sur Twitter. « L'Afrique du Sud a eu tort d'expulser des diplomates rwandais respectueux de la loi », a écrit Louise Mushikiwabo, la ministre rwandaise des Affaires étrangères. Elle insiste également, toujours sur ce réseau social, sur le fait que des « fugitifs rwandais continuent de mener des attaques terroristes » au Rwanda et que l'Afrique du Sud avait « plusieurs fois promis de s'en occuper », mais que « le problème est resté sans solution ».

Echange téléphonique entre Zuma et Kagame

Une source diplomatique sud-africaine assure à RFI que « les preuves sont accablantes », et accuse le Rwanda de faire de la propagande. Selon cette source, il est « pour le moment » hors de question de renvoyer des diplomates à Kigali, même si, de fait, l'ambassade d'Afrique du Sud à Kigali ne pourra plus délivrer de visas aux Rwandais. Cette même source ajoute enfin que le président sud-africain, Jacob Zuma, a averti par téléphone son homologue rwandais que ce genre d'attaque ne devait pas se reproduire. Dans la soirée, Louise Mushikiwabo, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, a démenti l'information, la qualifiant de « pure fiction ».

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