MALI

Paix dans le nord du Mali, des efforts vains?

Le président burkinabè, Blaise Compaoré (C) salue Bilal Ag Acherif,  le secrétaire général du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), après la signature de l'accord de Ouagadougou, le 18 juin 2013.
Le président burkinabè, Blaise Compaoré (C) salue Bilal Ag Acherif, le secrétaire général du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), après la signature de l'accord de Ouagadougou, le 18 juin 2013. AFP/AHMED OUOBA

Au Mali, le jeudi 20 mars, l'Assemblée nationale a adopté l'ordonnance portant création de la Commission vérité, justice et réconciliation par une large majorité de 99 voix pour, aucune contre et 18 abstentions. Au même moment, se sont tenues à Bamako des rencontres préparatoires à des négociations de paix en présence de certains groupes armés du Nord, sédentaires et nomades. Des signes encourageants vers une sortie de crise pour certains, de vaines tentatives pour d'autres.

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L'accord de Ouagadougou en juin dernier prévoyait l'ouverture de pourparlers de paix dans les soixante jours après l'installation du nouveau gouvernement. Les mois ont passé et aucun accord ne pointe à l'horizon.

Pour les optimistes, les ateliers informels préparatoires aux pourparlers inclusifs de paix de Bamako sont une étape constructive : autorités maliennes, partenaires internationaux dont la Minusma, et certains groupes armés du Nord ont formulé des recommandations sur les questions du cantonnement et du processus de désarmement. Vendredi soir, la Minusma se félicitait du travail fructueux effectué.

Question des prisonniers

D'autres, plus sceptiques, ont retenu le couac de ces ateliers sur la question des prisonniers. Depuis l'accord de Ouagadougou, la libération de combattants ou assimilés est tenue comme un préalable à tous pourparlers de paix pour les groupes armés touaregs et arabes.

Jeudi, Bamako semblait prêt à élargir certains d'entre eux pour finalement y renoncer le lendemain. « Il n'y a rien à attendre de ces ateliers, assure un cadre du MNLA. Il s'agit d'une simple mise en musique de la feuille de route du gouvernement, validée par des acteurs acquis à la cause. » Au point que plusieurs acteurs majeurs de la rébellion du Nord, absents à Bamako, ont choisi de se réunir au même moment à Rome pour tenter d'accorder leurs violons et démontrer aux autorités maliennes que la paix ne se décrète pas mais se décide à deux .

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