Afrique du Sud

Procès Pistorius: une journée consacrée à l’analyse des communications

La porte des toilettes à travers laquelle Oscar Pistorius a tiré sur Reeva Steenkamp.
La porte des toilettes à travers laquelle Oscar Pistorius a tiré sur Reeva Steenkamp. REUTERS/Alexander Joe/Pool
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le procès d’Oscar Pistorius, le champion paralympique sud-africain accusé du meurtre de sa petite amie, est entré dans son quinzième jour. La journée de ce mardi 25 mars a été principalement consacrée à l’analyse des communications de l’athlète ainsi que celles du couple dans les jours qui ont précédé le meurtre de Reeva Steenkamp. A la barre : le capitaine Moller, chargé de l’analyse des données téléphoniques auprès de la police sud-africaine. Il a analysé plus de 1 700 messages pouvant servir à la cour.

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Des centaines de messages vocaux - SMS, WhatsUp – ont été disséqués devant la cour. Des messages bien souvent intimes. Trois points ressortent de l’analyse de ces communications.

Malgré les quelques échanges présentés à la cour lundi et qui faisaient état de disputes entre Pistorius et Steenkamp, les 1 700 autres messages sont des conversations banales entre amoureux. Jusqu'à quelques heures avant le meurtre, les deux s’envoient des baisers, des « tu me manques » et des « bonjour baba », traduction « bébé » en afrikaans.

Deuxième point important : les appels téléphoniques de la nuit du meurtre révèlent que c’est l’athlète lui-même qui a appelé l’ambulance et la sécurité dans les minutes qui ont suivi les tirs. Des faits qui contredisent le témoignage d’un garde de sécurité qui affirmait avoir appelé en premier le champion.

Et enfin, troisième point important : un des portables de Pistorius révèle une activité sur son téléphone à 1h48 du matin la nuit du drame, alors que le couple est censé s’être couché vers 22h. Une information troublante, aussitôt reprise par la défense qui s’est évertuée à démontrer qu’une activité sur un portable peut être tout simplement générée par la réception d’un email, et que cela ne prouve en rien que l’athlète était réveillé.

Interruption d'audience jusqu'à vendredi

Après ces derniers échanges, le procès d’Oscar Pistorius a été ajourné jusqu'à vendredi, le procureur ayant terminé l’interrogatoire de la vingtaine de témoins à charge appelés à la barre.

Durant ces 15 jours d’audience, les témoignages se sont succédés : des voisins ont affirmé avoir entendu des cris la nuit du drame, des amis ont raconté un homme colérique, obsédé par la sécurité, les armes et la vitesse. Sans oublier les déclarations des policiers dont l’enquête a été écharpée par des fautes professionnelles et des experts qui jettent le doute sur la version du procureur et de la défense.

Lors de la reprise vendredi, la parole passera à la défense qui compte bien appeler certains témoins à charge n'ayant pas déposé, soit plus de 80 personnes. Et peut-être Pistorius lui-même. Un de ses avocats a laissé entendre que le champion handisport pourrait venir à la barre dés la reprise, ce vendredi. Le témoignage de l’athlète est d'autant plus attendu qu'il n'a jamais dit un mot en public, sinon pour plaider non coupable, le 3 mars, au premier jour de son procès.

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