Affaire Hammouchi: le Maroc contre-attaque en justice à Paris

Le président François Hollande avec le roi Mohammed VI, le 3 avril 2013 lors de son arrivée au Maroc.
Le président François Hollande avec le roi Mohammed VI, le 3 avril 2013 lors de son arrivée au Maroc. AFP PHOTO/FADEL SENNA

Le ministre marocain de l’Intérieur, Mohammed Hassad, a décidé de porter plainte à Paris pour dénonciation calomnieuse contre ceux qui accusent le patron de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), Abdellatif Hammouchi, de torture. Suite à ces accusations, Abdellatif Hammouchi avait été convoqué par la justice française lors de son passage à Paris, le 20 février dernier. L'affaire avait provoqué une crise diplomatique entre la France et le Maroc. Le royaume veut maintenant reprendre la main.

Publicité

« Il faut faire cesser la calomnie colportée sur des pseudo faits de torture au Maroc », explique Me Ralph Boussier, l'un des membres du collectif d'avocats franco-marocains qui représentent le royaume chérifien. La plainte déposée le mardi 25 février vise trois personnes, à savoir Zakaria Moumni, Adil Lamtalsi et Ennaama Asfari qui, pour des affaires judiciaires différentes, ont porté plainte contre les services marocains et le directeur de la DGST, Abdellatif Hammouchi, qu’ils accusent d'utiliser la torture pour obtenir des aveux.

La plainte des autorités marocaines cible aussi - et peut-être surtout - une ONG, à savoir l'ACAT (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture) qui est partie civile dans deux des procès en cours. Dans un communiqué diffusé mardi, le ministère de l'Intérieur explique que l'ACAT est « une association française connue pour son parti pris flagrant et actif contre l'intégrité territoriale du Maroc ».

En cause : le soutien que l'ONG a apporté au plaignant Ennaama Asfari, un militant sahraoui proche du Front Polisario, le mouvement de libération du Sahara occidental. Le gouvernement critique aussi le « pedigree » des autres plaignants, « des repris de justice, des trafiquants de drogue, des escrocs, voire des criminels » ajoute Me Boussier.

Cette plainte ne semble pas émouvoir outre mesure cette ONG. Interviewée par RFI, Hélène Legeay, responsable des programmes Maghreb à l'ACAT, affirme que l’organisation possède « des éléments sérieux qui étayent » ses allégations, avant d’ajouter que « ce sera aux autorités marocaines de prouver qu'on les a calomniées. Chacun est dans son rôle. Nous, nous dénonçons la torture que la Maroc continue à pratiquer et eux, ils défendent le système », précise Hélène Legeay, la responsable des programmes Maghreb à l'ACAT.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail