RWANDA

Le génocide dans les archives sonores de RFI

Des photographies des victimes au Memorial du génocide à Kigali.
Des photographies des victimes au Memorial du génocide à Kigali. REUTERS/Noor Khamis

Rescapés et bourreaux du génocide au Rwanda condamnés à cohabiter désormais. Mais aussi bien sûr journalistes, médecins, humanitaires qui sont devenus les témoins de l'horreur. Des images qui les marqueront à jamais. RFI a replongé vingt ans en arrière dans ses archives sonores.

Publicité

Le 7 avril 1994, au lendemain de l'assassinat du chef de l'Etat Juvénal Habyarimana, Agathe Uwilingiyimana, Premier ministre du Rwanda, témoigne de son domicile où elle est assiégée. Elle sera assassinée ce jour-là.

On est terrorisés. On est à l’intérieur des maisons, on est couchés par terre. On ne peut pas sortir. (...) À mon avis, nous sommes en train de subir les conséquences de la mort du chef de l'État.

Agathe Uwilingiyimana

Les jours qui suivent, les massacres s'amplifient. Tous les témoins, sous le choc, tentent d'en dire l'ampleur. Un médecin français décrit une « situation catastrophique », l'« enfer » qui règne sur place.

Ici quand on massacre, il y a très peu de rescapés.

Un médecin français

Roland Sidler, délégué du CICR, présent sur place depuis dix jours, évoque « une boucherie », « un abattoir ».

En Europe, on s'imagine des combats au canon, au fusil. Ici il faut oublier ça. C'est un combat en silence, c'est un combat à la machette.

Roland Sidler

A ce moment là, difficile encore d'identifier les auteurs des massacres mais la dimension ethnique est déjà évoquée. Jean Hélène, correspondant de RFI dans la région est sur place. 

La morgue déborde de cadavres.

Jean Hélène

Trois mois plus tard, les raisons qui animent les génocidaires sont un peu plus claires. Les militaires français ont engagé l'opération Turquoise et la tension est un peu retombée dans le camp de réfugiés de Nyarishishi.

Ils m'ont attaqué parce que j'étais de la race contraire.

Reportage de Jean Hélène avec les réfugiés sur les collines de Nyarushishi

Le père Blanchard, très ému, dit son angoisse de ne pas retrouver les petits orphelins qu'il abritait dans sa paroisse. Après avoir résisté, il a finalement dû abandonner le Rwanda où il vivait depuis trente ans.

Nous avons entendu derrière nos murs les cris d'enfants qu'on assassinait.

Père Henri Blanchard

Si les victimes ne sont plus là pour témoigner, des années après, les bourreaux ont pu donner leur version des faits. Expliquer pourquoi une partie d'un peuple s'était tout à coup retournée contre l'autre.

Les autorités de l'époque nous ont poussés à tuer les Tutsis.

David

Et parfois même exprimer des regrets. 

On ne m'a pas forcée, j'ai eu un cœur d'animal...

Femme génocidaire

→ A (RE)LIRE : Elise, le mal-être d’une rescapée rwandaise du génocide

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail