RDC

RDC: l’ONU exhorte Brazzaville à cesser les expulsions des Congolais

Dans le camp de Maluku, en RDC, près de 3 000 des 40 000 personnes expulsées du Congo-Brazzaville attendent de trouver un endroit où s'installer, en mai 2014.
Dans le camp de Maluku, en RDC, près de 3 000 des 40 000 personnes expulsées du Congo-Brazzaville attendent de trouver un endroit où s'installer, en mai 2014. AFP/JUNIOR D. KANNAH
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le chef de la mission de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC), Martin Kobler, et la représentante spéciale des Nations unies sur la violence sexuelle dans les conflits armés, Zainab Bangura, ont exhorté les autorités de Brazzaville à cesser immédiatement d’expulser des ressortissants du Congo Kinshasa. Ces expulsions provoquent, selon l’ONU, une « grave crise humanitaire ». Depuis le 4 avril dernier, « plus de 130 000 citoyens de RDC ont été expulsés du Congo voisin », selon la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) et les autorités de Kinshasa.

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Il aura fallu attendre sept semaines pour que la communauté internationale hausse le ton. De leur côté, les autorités de Kinshasa ont été très timorées soulevant toute une série de questions. Cependant, le silence le plus assourdissant est celui de Brazzaville qui, depuis le début de cette crise, se refuse à reconnaître les milliers d’expulsions.

Le chef de la Monusco, Martin Kobler, s’est dit « choqué » par les conditions dans lesquelles ces gens sont renvoyés en RDC, après avoir rendu visite, le vendredi 23 mai, aux 3 000 Congolais expulsés de Brazzaville qui sont toujours dans un camp de transit de Maluku, en périphérie de Kinshasa.

De son côté, l’Union européenne (UE) avait condamné, ce week-end, les violences qui ont accompagné les milliers d’expulsions de Congolais. Par la voix de son ambassadeur, l’UE avait mis en garde Brazzaville.

« Si les violations des droits de l’homme se confirment, elles seront réprimées », avait-il averti.

Reste que les Nations unies sont les premiers à exiger clairement la fin de ces expulsions -130 000, selon l’Onu, depuis début avril – ce qui représente un afflux massif très difficile à gérer pour les autorités de Kinshasa.

Martin Kobler a rencontré, ce lundi 26 mai, au Palais du peuple, à Kinshasa, une délégation de la plateforme des femmes sur la question. Dans un communiqué commun avec la représentante spéciale de l'ONU sur les violences sexuelles, Zainab Bangura, il demande la fin de ces expulsions et des enquêtes sur les témoignages de viols et de noyades rapportés par des dizaines d’expulsés.

J’ai demandé aux autorités de la République du Congo d’arrêter immédiatement les expulsions massives. C’est naturellement le droit souverain de chaque pays de traiter les étrangers, mais cela doit correspondre au standard international. Ces expulsions n’y correspondent pas et c’est pourquoi elles doivent être arrêtées.

Martin Kobler

 

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