Libye

Libye: le domicile du nouveau Premier ministre attaqué à Tripoli

Membres des forces de sécurités libyennes à Tripoli.
Membres des forces de sécurités libyennes à Tripoli. REUTERS/Ahmed Jadallah
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La Libye est toujours en proie à des soubresauts inquiétants. Ce mardi 27 mai au matin, le domicile du nouveau Premier ministre, Ahmed Miitig, a été attaqué à la grenade et à l'arme légère par un groupe d'assaillants. Le nouveau chef du gouvernement n'a pas été blessé, mais cet épisode traduit bien le climat de défiance qui règne dans le pays.

Publicité

Ahmed Miitig est un homme contesté depuis sa nomination début mai, et plus encore depuis sa confirmation à son poste, dimanche. Beaucoup se demandent pourquoi le Congrès général, le Parlement, lui aussi très contesté, a jugé utile de changer le gouvernement à un mois des législatives.

Ahmed Miitig et le Congrès sont considérés comme proches des islamistes. Et l'on sait que leurs adversaires, les laïques, sont prêts à tout pour les empêcher de garder le pouvoir. Il y a dix jours, la milice de Zintane avait envahi le Parlement pour demander sa dissolution. Et l'ancien gouvernement avait préconisé au Congrès de se mettre en vacances.

A (RE)LIRE : Libye: confusion autour de l’élection du Premier ministre

Cette fois-ci, on a franchi un nouveau palier dans la violence. En attaquant le domicile du Premier ministre, les assaillants étaient manifestement prêts à abattre l'un des piliers du système politique, quitte à prendre le risque de déclencher une vague de violence.

Pour l'instant, on ignore qui est derrière cette attaque. Cependant, on devrait en savoir plus dans les heures qui viennent, car deux assaillants auraient été capturés vivant par la garde du Premier ministre. Appartiennent-ils à l'une des brigades opposées aux islamistes ? S'agit-il de provocateurs prêts à tout pour déstabiliser le pays ? En tous les cas, ce matin, les responsables politiques de Tripoli sont très inquiets. La seule chose qui rassure un tant soit peu les habitants de la capitale, c'est que les deux grandes brigades, l'une pro-islamiste et l'autre pro-laïque, la brigade de Misrata et celle de Zintane, ont signé un pacte de non-agression.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail